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Qu'ils nous permettent de nous évader, qu'ils nous fassent rêver, rire, pleurer ou qu'ils nous irritent au plus haut point, ils sont l'émotion à l'état pur...
Alors Moa, je veux en parler, partager et avoir ton avis, Ô Hôte Curieux !

Quant à la lecture, plaisir solitaire, je découvre peu à peu que chacun recherche quelque chose de différent en ouvrant un livre... Quoi ? Telle est la question...
Je ferai ici un compte-rendu absolument pas objectif des livres qui se sont soumis à ma pupille...

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23 avr. 2020

AQUA{TM}

SF, Apocalypse

Aqua[TM]
de Jean Marc Ligny

Folio

*****

 Allez, je vais vous parler d'une lecture qui est dans ma PAL depuis quelques années déjà mais que j'ai choisis de lire en ce moment... Sûrement la voix d'un petit démon intérieur. (Niark me dit-il)

C'est Aqua de JM Ligny. Un récit apocalyptique où, pour faire simple, au sud de l'hémisphère les gens meurent pour cause de manque d'eau pendant qu'au nord ils sont soumis aux tempêtes incessantes et à la mer qui déborde. Dans cet univers où tout fout le camp, on a des gens : 
1) qui tentent désespérément et souvent en vain de ne pas mourir
2) qui tentent de justifier et de trouver un sens à leur existence où tout semble compromis
3) qui tentent de devenir maitres du monde en faisant fi de l'humanité et en cherchant à maitriser la seule denrée importante et manquante à la vie, je te le donne en mille : l'eau potable !

La première partie est si réaliste que c'en est effrayant. Tout est saisi à la loupe : gouvernement, activités économiques, sociales, politiques, géopolitiques, militaires, humaines... Le tableau dressé fait froid dans le dos.
La seconde partie nous aide à bouger dans ce tableau si terrible, heureusement. On suit les protagonistes, on se bouge un peu les fesses et l'intrigue se resserre davantage. Si bien qu'on est prit dans l'action et, grâce à leurs actions, on a un peu l'impression de faire bouger les choses.

Peu importe si tout n'y est pas parfait et si quelques énormités passent par-ci par-là. Le principal est le sujet, une fiction écolo qui n'en est pas une, puisque les choses sont annoncées et qu'on va droit dans le mur. Le principal est de se poser des questions. Dont une que je te partage, Ô Hôte Alarmé, dans ma grande bonté : Comment réagirons-nous, quand nous serons dans ce cas de figure ? Ou un tout autre cas tout aussi alarmant. On ne s'en sortira certainement pas mieux. Et en vrai, c'est effrayant.


7 avr. 2020

Onyesonwu

Fantasy



Qui a peur de la mort ?
de Nnedi Okorafor

Actusf

2017 pour cette édition

*****

Eh ben ! Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas une lecture qui fut de tout repos. Sombre et violent sont les maitres adjectifs de cette terre qui fus jadis connue sous le nom d'Afrique. Entre la désolation, l'esclavage, les viols, les lapidations, les excisions, on en a pour notre argent. Un monde que l'héroïne Onyesonwu ne connait que trop bien. C'est pourquoi elle veut y mettre fin.
Parait-il que les forêts existent encore quelque part...

On pourrait se dire, mais que peut faire une seule femme face à la démence d'une nation ? Que peut une femme et ses idées révolutionnaires contre la puissance des traditions ? C'est que cette femme-là, est différente. Elue ? Ca se pourrait bien. Sorcière ? Puissamment !

Attention, cher Hôte, tu entres avec ce roman dans le monde fascinant et fuyant des esprits, des mascarades. Les contes du désert nous transportent dans l'entre deux pendant que le peuple des sables nous abreuve et nous nourrit. 

C'est un roman d'apprentissage puissant, rempli de rage, d'indignation et de sagesse. Porté par une héroïne imparfaite mais courageuse. Impétueuse. Tellement humaine. 

Une très belle découverte !

26 mars 2020

Eveil Spirituel

Littérature 


Neuf Parfaits Etrangers,
de Liane Moriarty

Albin Michel

2020

*****

Aaaah la recherche du bonheur, un grand sujet de société ! Après tout, dans notre monde en perpetuel changement, qui tourne de plus en plus vite, on n'a guère plus le temps de prendre le temps, et encore moins de prendre soin de son corps et de son esprit. Pourtant, on le sait, que tout est lié, on sait que les écrans sont nocifs, on sait que la malbouffe est partout, on sait que nous sommes drogués, poussés à la performance, réduits en petits grains de poussière, en playmobil bercés d'illusion. On le sait, que le retour à la Terre est essentiel, on sait que la vie mérite d'être vécue, on sait qu'il faudrait qu'on se calme deux minutes et qu'on apprécie ce rayon de soleil sur notre visage, cet éclat de la lune, ces émerveillements du quotidien qui ne sont pas réservés uniquement aux moins bouddhistes de l'autre côté de la Terre.
On le sait oui...

Ici, neuf personnes vont payer une petite fortune pour dix jours dans un centre de bien-être, pour une retraite, pour renouer avec leur moi. Neuf personnes différentes, avec chacun leur problème, avec chacun leur approche de ce break un peu spécial fait de smoothies et de tai-chi. Neuf personnes qui nous rappelle notre personne parfois, ou une mère, un oncle, un ami. Ce qu'ils vont vivre ici va effectivement les changer, mais pas spécialement comme on l'aurait pensé !

C'est drôle comme roman, bien pensé. C'est simple et pas prise de tête. Mais plus profond que ça en a l'air. Ca nous apprend à regarder les gens différemment, à ne pas les juger dès le premier regard, et ça c'est une bonne chose. Ca nous dit aussi que l'herbe n'est pas plus verte chez le voisin. Ca nous donne à penser non sur une société utopique et idéaliste, mais sur notre société pleine de mal-être alors que ça devrait être tout l'inverse. Ca nous donne du baume au coeur. 

La preuve : j'en suis sortie avec un sourire jusqu'aux oreilles et une envie d'inviter les voisins à un apéro géant ! (A moins que ca soit un effet du confinement, c'est possible aussi^^)

23 mars 2020

Egypte Romaine

Roman Historique

*****

Cléopâtre, 
de Alberto Angela

Harper Collins

2019

*****


J'aime la mythologie.
Les personnages ayant créé les mythologie en font partie, en conséquence de quoi César et Cléopâtre ne peuvent que fasciner les hommes modernes que nous sommes.

Avec ce livre, nous sommes dans l'entre deux : entre le roman et le récit historique. Si parfois l'auteur prend quelques disgressions romancées, il l'annonce et exlique que ce sont les éléments dont nous disposons sur cette vie d'autrefois qui le poussent à mettre en scène ses héros de cette manière. C'est déroutant, au début, puis on s'y fait : nous n'avons pas entre les mains un roman, mais une biographie mise en scène.

Et les descriptions de cette période restent parfaitement fascinantes ! Si nous n'étions pas intrigué par Cléopâtre, après cette lecture, ce sera chose réparée. Nous voilà transportés sous la chaleur écrasante de l'été égyptien, dans un palais d'or et de gemmes, au coeur des intrigues politiques menées par un monarque non conventionnel, un monarque qui use de ses seuls atouts, puisqu'elle est née femme : l'intelligence et la séduction. 
Nous voilà aussi transportés au Consul de Rome, où tout se jouait, que ce soit l'avenir du monde comme l'avenir des Rois.
Une période où les sorts de l'Egypte et de Rome sont liés puisque César a des vues sur le pays et sur la femme qui le gouverne ! Quel fieffé coquin ! 

Ce fut une manière surprenante d'appréhender l'Histoire, pour la novice que je suis. Et forcément, ça passe bien mieux ainsi !

La Passe Miroir

Fantasy 

 *****

La Tempête des Echos,
de Christelle Dabos

La Passe Miroir
Tome 4

2019

***** 

Aaaah on peut dire que je l'ai attendu celui-là !
Après mon enthousiaste à peine voilé dont je vous avais gratifié ici !


Enfin la fin !
Enfin nous allions mettre un point final, non sans une pointe de tristesse quand même, il faut l'avouer, à cette merveilleuse et grandiose et magistrale et phénoménale série !
J'imagine que quand on crée une pareille merveille, on a la pression. Pression de décevoir les fans, pression de trouver une fin à la hauteur de leurs espérances, et mieux encore : pression de trouver une fin à la hauteur de ces personnages irrésistibles.

On change de registre avec ce dernier opus, on change de ton, on change d'ambiance, on change même de thématique. Rendez-vous à Babel donc, à l'Obervatoire où l'on étudie des déviances. Le récit devient plus personnel, plus tourmenté, plus grave. 
Non pas que ça me dérange, mais il se trouve que j'ai adoré la Cour et ses manigances, Bérénilde et ses problèmes plus profonds qu'ils en avaient l'air ; et même si l'aspect cirque désaffecté du Centre avait ce côté inquiétant et fascinant, il y a avait ce je ne sais quoi dans la lecture qui m'a rendu soucieuse. Etait-ce le même roman que nous avions sous les yeux ?

Mais il fallait que ça se termine. Madame Dabos a créé véritablement un univers grandiose, fourni et magique, et il fallait que le final se fasse. Ce qu'il fut. Au détriment, j'en ai peur, de certains personnages. Comme à chaque fois qu'on adore une fiction, on se les approprie, ces personnages, cette histoire même, et on a tendance à aller vite en besogne : oui, j'aurais imaginé autre chose pour certaines fins. Oui, certains points m'ont fait hurlé, et d'autres m'ont laissé sur ma faim. Cette amertume, je suppose, est liée à mon enthousiasme de fanatique, à cette passion avide qui m'a fait tourné les pages. Il est toujours délicat de soumettre une fin à des adorations.

Cela dit, la Passe-Miroir restera dans mon panthéon personnel des Plus Belles Lectures du monde, à n'en pas douter. Parce que peu de romans m'ont autant transporté, peu de romans peuvent se targuer d'avoir un univers et des personnages aussi attachants. Alors je ne t'en veux pas Christelle, c'est une très belle oeuvre que tu as écrite là ! Au plaisir de te retrouver ailleurs... :)

Saga des Socières

On a tous un côté dark, une ombre qui se plait à contempler la pleine lune dans un cimetière, un petit diable qui nous sussure à l'oreille que les vampires torturés, ça a quand même un charme fou ! Tombée je suis dans les griffes (ou les crocs) d'Anne Rice avec Lestat dans ma prime adolescence, voilà que j'y reviens avec sa saga des Sorcières...

*****

Le Lien Maléfique,
de Anne Rice

Tome 1 chez Pocket

980 pages

*****

      Et comment dire, qu'est ce que ça fait du bien de revenir à la Nouvelle Orléans ! Qu'est-ce que ça fait du bien de retrouver son univers fantastique à la fois sensuel et inquiétant ! 

     Ce qui a pu déplaire à certains font ce que j'aime dans ce genre de romans : la profusion de détails, l'abondance de descriptions : nous sommes littéralement plongés une époque, un lieu, un mythe. Ce n'est pas un travail d'écrivain dont Anne Rice fait preuve mais d'orfèvre. C'est l'ambiance crasseuse du Moyen-Age qui s'installe dans notre salon, quand l'odeur du bûcher s'élève dans les airs, quand les mentalités de l'époque sur la sorcellerie nous mettent mal à l'aise. C'est l'insouciance des Années Folles où les journées sont fêtées à grandes lampées de champagne et où le jazz inonde la maison dans une cacophonie éblouissante qui ne laisse pas la place aux pensées sérieuses.
On traverse les époques et les lieux tout en s'imprégnant comme jamais de leur ambiance si caractéristique. Et tout ça grace à une lignée de sorcières, qui ont leurs désirs, leurs faiblesses, leurs secrets...

Alors oui c'est long, ça fourmille de détails et les personnages sont excessivement travaillés. Mais comme c'est agréable d'arpenter le monde à leur côté ! Choisis ton époque, Ô Hôte Gothique, et tu ne seras pas déçu. 
Et que dire de cet amour porté à cette maison ?! Râlala, Anne Rice à du goût : ce goût des manchettes en dentelle, des costumes bien cintrés, des manoirs (hantés ?) où chaque pièce à une histoire, des jardins fournis où la nature reprend ses droits dans une atmosphère Romantique digne d'un tableau de Friedrich. Ca me laisse rêveuse...


Un récit à la fois charnel et réfléchi, où l'importance de l'héritage prend un sens tout particulier. On ne choisis pas sa famille, et avec celle-ci, il y a ce petit côté intriguant, inquiétant, pas toujours très catholique, qui ne peut que faciner.


J'attends la suite mais je pense que ce premier tome annonce une belle saga. En tout cas, j'ai hâte de m'y replonger !

29 juil. 2019

Un fil du destin se brise...

fantasy
 
Que passe l'hiver,
de David Bry

Pocket

490 pages



*****


Voilà un livre, et un auteur, que j'ai découvert aux Imaginales de cette année, puisqu'il eut l’extrême honneur de recevoir l'étiquette "coup de cœur du festival 2019". Gage de qualité oblige, et une conférence dédiée plus tard, me voilà en possession de ce roman qui... comment dire... change de d'habitude ! :)

Que passe l'hiver est le récit de la fin d'un monde. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est David Bry. C'est un poème en prose décrivant avec justesse une nuit qui ne s'achèvera qu'avec une transformation.
Nous sommes dans la Clairière, monde magique au cœur de la forêt, régi par le Dieu-Cerf aux allures sibyllines rappelant Cernunnos. Quatre clans lui jurent annuellement leurs allégeance, lors de la fête du Solstice. Une fête qui dure quoi, une semaine ? Pas davantage. Stig, le héros, va y assister pour la première fois, et il est fou d’excitation de découvrir enfin ce rite de passage qui les a construit, lui et son clan. L'occasion aussi de rencontrer les autres clans, aux pouvoirs si différents du sien, et tellement extraordinaires...
Sauf que bien sûr, rien ne va se passer comme prévu.

Car le monde évolue, et les hommes avec lui.

Que passe l'hiver est un drame qui creuse peu à peu les sillons de nos âmes, et emporte avec lui l'innocence de notre jeune héros. Après tout, il est adulte maintenant. On se laisse emporter dans ce monde de neige et de glace, de rites et de traditions.
Avec un bémol cependant : ce héros qui agace parfois, il faut le dire. Il m'a fait penser à Fitz dans ses premiers pas : mou et tête à claque. Mais là où Fitz agit (pas toujours dans les bonnes choses à faire, mais il agit), Stig se questionne, hésite, pense encore un peu et ne se bouge qu'à la fin, pour cloturer ce poème-roman. Rien de révolutionnaire donc, puisque de toute manière, l'hiver passera.
Dommage, parce que j'ai bien aimé l'ambiance.

27 juil. 2019

Tudo Bem, Daniel, Tudo Bem

Young adult - Fantastique
 
L'Enchanteur,
de Stephen Carrière

415 pages

fev 2019

PKJ

*****

Wow ! Je ne sais pas bien que dire pour résumer cette lecture, mon avis se résumant à un simple mais sincère "wow, magnifique !"

Bouchée bée et emplie d'admiration je fus face à ce bijou, tant cette bande de potes m'a embarquée dans son périple, son aventure, son "miracle". Ils m'ont touchée, leur force m'a touchée. Car l'un des leurs est malade, il va mourir. Loin de se résigner et d'attendre les bras ballants que l'insurmontable advienne, ils se lancent corps et âme dans un projet de grande envergure : faire de cette mort un chef d’œuvre, approchant de ce fait l'immortalité.
Leur plus grand atout est un magouilleur de première, qui se plait à transformer la réalité selon les capacités de chacun, j'ai nommé celui qui donne son titre à ce roman : l'Enchanteur. tadaaaa !

Quelle plume ! Quels personnages hauts en couleur ! Quelle densité ! Car nous ne sommes pas en présence d'un banal roman d'adolescents, nous sommes pris dans une véritable tourmente poétique où la peur et la violence côtoient l'érudition d'un Songe d'une nuit d'été. Outre le fait de devoir faire avec la douleur annoncée de la fin, nos jeunes héros vont composer avec la brutalité des quartiers, le racisme grandissant, le fascisme envahissant, un Mal mystérieux et meurtrier rôdant dans les ruelles sombres, prenant des allures mystiques d'incantation vaudou, allégorie d'une humanité effrayée et effrayante sur le déclin. Mais rien ne les arrête, ces ados, fous et hardis, optimistes qu'ils sont ! Ils ont une parole à honorer.

C'est beau. C'est intelligent et d'une délicatesse inouïe.
C'est à lire et à relire, ne serait-ce que pour s'imprégner encore et encore de cette ambiance à la fois inquiétante et si terriblement... romanesque ? Parnassienne ? Lyrique ?

Parce que bon, au cas où tu serais passé à côté, Tendre Hôte, sache que l'Enchanteur,... c'est un enchantement ! (oui bon elle était facile celle-là !) C'est une fable. C'est un conte merveilleux. C'est une ode à l'amitié et une déclaration d'amour à la vie.
Et comme je trouve que c'est une très jolie manière de conclure, j'y met de ce pas un point final.

PS : Merci à Capri pour me l'avoir mis dans les mains !

1 juil. 2019

Précieuses Illusions

Fantasy


La Passe-Miroir
de Christelle Dabos

En quatre tomes (en cours)

Tome 1 paru en 2013

Gallimard Jeunesse

*****

Comment ?! Après tout ce temps, même pas je t'ai parlé du cycle de la Passe-Miroir ?!?! Grave erreur de ma part, non pas un oubli parce que jamais je ne pourrais oublier de parler de la Passe-Miroir, parce que ceci mon ami, c'est mon coup de cœur de toute la vie ! Ceci, c'est un texte qui m'a attrapé pour ne plus jamais me lâcher. Ceci, c'est de la bombe bébé !

On se retrouve propulsé dès les premières lignes dans ce monde magnifique et onirique peuplé d'arches, petites cités volantes dirons-nous, chacune occupée par des habitants ayant certaines compétences... On parle de magie hein ?! Pas de charpentier. (quoique) 
L'héroïne, Ophélie, n'est pas très douée ni très à l'aise avec les gens. Elle préfère la compagnie des objets. Et pour cause, quand elle touche quelque chose, elle peut remonter toute sa vie (à l'objet). Ca marche aussi avec les gens, c'est pour ça qu'elle les évite. Elle a aussi cette capacité de pouvoir traverser les miroirs (d'où le titre !) pour se déplacer d'une vitre à l'autre ! Elle vivait tranquillou pilou jusqu'à ce qu'on la fiance à un mec d'une autre arche, inconnu au bataillon, histoire de clan, de politique, d'on ne sait quoi même qu'on s'en fout, on était si bien dans notre musée à rien demander à personne ! La voilà emportée malgré elle dans ces manigances qui la dépassent, prend ta valise et ton écharpe et va donc rencontrer ton futur promis, dans cette arche éloignée et enneigée, où la Cour et l'Etiquette risquent de te manger toute crue. Et va mener l'enquête... sur le pourquoi, elle spécifiquement, à été mandée pour cette mission mariage...

Transportés nous sommes, c'est obligé, Ô Hôte Lecteur ! Transportés et conquis. 
Puisque c'est un univers changeant, sensoriel, hypnotique. Un peu à la Miyazaki. Illusoires et sibyllins. Les personnages sont à croquer, qu'ils soient premiers ou seconds rôles, dieux ambivalents ou petites mains travailleuses. Le tout servi par une écriture parfaite, apportée par des expressions délicieuses, ce qui rend le tableau encore plus attrayant !
Ce fut génial, tout simplement. Absolument irrésistible.

Bon, reste plus qu'à attendre le quatrième et dernier tome, parce que je les ai dévoré, vorace que je suis !

Cadavre Exquis

Fantastique

MORTS
de Philippe Tessier

Leha

mars 2019

203 pages

*****

Situation cocasse que celle-ci : voila que Joseph se réveille... six pieds sous terre... alors qu'il se souvient bien qu'il est mort... Enfin peut-être. S'il est mort, c'est quand même étrange de pouvoir penser et se souvenir qu'il est mort... Sauf que bon, plus étrange encore, ( si c'est possible ) il y a bien des squelettes qui le prennent en charge, qui lui parlent, qui lui expliquent sa situation... sans organe ni rien, des squelettes je te dis, Ô Hôte Fringuant, des tas d'os !

S'en suivent des tergiversations aussi riches qu'étonnantes sur la vie, non seulement la sienne passée, la nôtre, que celle en général. Il y a critique bien sûr, mais pas que. 

C'est décalé, c'est un peu fou, c'est souvent cynique et moi j'ai bien ri. De ces situations cocasses où des macchabées jouent au golf ou tentent de modifier l'espace-temps, de ces moments où le Glas déprime de ne plus pouvoir sonner comme il le souhaiterait.

Jamais macabre, souvent philosophique, et porté par des personnages connus en plus, ce qui ne gâche pas notre plaisir.
C'est une curiosité à goûter.

Viva la Révolution !

Fantasy




Les Révoltés de Bohen
d'Estelle Faye

Critic

2019

732 pages

*****

Ah ben voilà, j'ourdissais le désir d'une suite, et elle arrive ! Suffit de demander.
Nous revoilà à Bohen donc, 15 ans après la Révolution décrite dans le premier tome. On pourrait penser que tout s'est arrangé, mais il faut bien plus de temps pour reconstruire un monde, surtout que le pouvoir n'a pas été acquis par ceux qu'on aurait aimé...

Quel plaisir de retrouver ces personnages haut en couleur ! Avec encore plus de magie, et encore plus de surnaturel, et encore plus de batailles, et de morts même ! Car oui, Estelle Faye tue ses personnages, et ça, c'est à porter à son crédit. En même temps, on ne mène pas une révolution sans risque ni dommage collatéral. C'est mon avis.

Dans cet opus, bien plus sombre et bien moins porté sur un semblant de sentimentalisme, l'espoir est au plus bas : les dirigeants ayant beaucoup trop d'ascendants sur la populace crasseuse et illettrée, on se demande bien comment les idéaux des révoltés vont avoir une quelconque chance de se faire entendre. Cela dit, même s'il a l'habitude de nager dans ses excréments, il ne faut jamais sous estimer l'ennemi. 

"Nous sommes le peuple de Bohen. Nous sommes la misère et la multitude.
Nous sommes la colère. Et nous sommes l'espoir."

Des paroles clamées comme un étendard. Des mots, rien que des mots pour se raccrocher et garder la tête hors de la boue.

J'ai aimé sa manière de décrire les régions, si différentes, mais chargées d'âme. J'ai aimé voyager dans la jungle poisseuse où la mousson ne cesse que pour laisser la place à une chaleur oppressante, autant que j'ai aimé visiter la capitale autrefois si grandiose, mais salie par une magie noire ancestrale. J'ai adoré les contes brûlants du désert lointain comme j'ai savouré les moments passés dans les camps fait de brics et de brocs d'anciens esclaves partis en quête de vengeance. J'ai raffolé des Havres, tiraillé entre les traditions et le désir de modernité, comme j'ai rêvé de ce monde fantasque d'au delà de l'horizon, là où (presque) personne n'est jamais allé.
J'ai aimé parcourir ces terres en compagnie de héros imparfaits, j'ai aimé tomber dans des embuscades, survoler les batailles, assister à des trahisons, à des doutes, à des alliances, à des amours.
J'ai aimé ces évolutions, de ces gens qui font de leur mieux avec ce qu'ils ont.
Et j'ai aimé cramer tous ces pauvres hères. Enfin moi j'ai cramé personne, mais c'était quand même grandiose !

Romanesque, à fond ! Guerrier, carrément ! Magique, bien sûr ! Envoutant, évidemment !
On voudrait presque que ça n'en finisse jamais.
Oui, beaucoup d'éloges, mais que veux-tu, Hôte Dubitatif, quand on a aimé, il faut le dire ! Disons-le donc.

26 mars 2019

Tapi sous Terre

Anticipation

Silo,
de Hugh Howey

Plein de pages avec 3 livres pour les récits principaux

Actes Sud et Livre de poche

*****

Ah en voilà une trilogie qu'elle fut bien ! Je lui met plein d'étoiles, des pouces levés et des petits cœurs avec mes doigts !

Imaginons le reste de l'humanité enfermée dans un ancien silo à grains. Dehors, l'air est toxique. C'est d'ailleurs ce détail mortel qui a poussé les gens à se réfugier dans ce décor inhabituel. 
Dans le silo, depuis toutes ces années, la vie a reprit son cours, avec les lois nécessaires à la bonne marche d'une si grande assemblée. En haut, avec vue sur la surface grise et désolée, les dignes dirigeants (mais attention, pas de monarques ou de vils brigands qui brigands sans foi ni cœur qui auraient usurpé le pouvoir, non, un chef élu, un shérif élu, le silo est peut-être tout en hauteur, la démocratie règne !), au milieu, les fermes pour nourrir tout le monde, et en bas, la salle des machines et ses travailleurs tout en muscles et en sueur. Une démocratie avec une pointe de symbolique tout de même, Ô Hôte Perspicace, tu l'auras noté.

Une machine qui semble bien huilée, sans jeu de mot, puisque tout fonctionne sans trop de révolte. Les gens sont pas cons, ils se doutent bien que si on ne peut pas sortir, les tentatives pour révolutionner leur mode de vie sont limitées. Et puis il n'y pas vraiment d'abus...
 Ca fonctionne tellement bien et depuis tellement d'années que plus personne ne se souvient de cette vie d'avant le silo. Plus personne ne peut témoigner de comment c'était, la Terre, avant l'air toxique. Plus personne ne connait la véritable couleur du ciel. Plus personne n'associe le mot "oiseau" à un animal. Plus personne ne se rappelle du ver de terre. Ni du soleil. Ni de l'océan. Des termes qui semblent appartenir un passé légendaire, qu'on ne trouve plus que dans les contes de la Grand-Mère qui endors les enfants de son étage...

Bon, arrivé à ce stade, tu te doutes bien, Ô Hôte Charmant, qu'on n'écrit pas 3 bouquins sur la vie paisible d'une société qui fonctionne bien.
Tu te doutes que certains pensent à remettre en cause ce dehors hostile.
Et là je ne piperai plus un mot sur l'histoire parce que sinon je te raconte tout et on peut passer à autre chose et ce serait dommage. Parce que bon sang que c'était génial ! Comme j'ai aimé apprendre petit à petit tous les rouages de cette grande machine qu'est le silo. Comme j'ai adoré remonter le fil de l'Histoire pour comprendre ce qui les a amené là ! Comme j'ai kiffé ma life de passer de l'un à l'autre des perso pour découvrir toutes les faces possible de l'humanité !

Comme j'ai hurlé face aux manigances, comme j'ai flippé d'impuissance, comme j'ai espéré un bonheur immédiat. Bref, je suis passée par de nombreux états, mais de long en long, ce fut la passion de passer ces pages au plus vite afin d'avoir le fin mot de cette histoire surprenante, travaillée et bien plus profonde qu'il n'y parait. Parfaite !

Et c'est là que je dis que la SF a le fabuleux pouvoir de parler de choses qui ne peuvent que faire écho à nos doutes, à les approfondir et à les pousser si loin que le tournis nous happe et nous ronge d'inquiétude. Parce que la SF nous offre bien plus que des romans divertissants, elle nous plonge dans un de nos avenirs possibles, nous enveloppe dans un de ces futurs terrifiants si cohérents si ce n'est probables.

Bref, j'ai aimé, j'ai adoré, j'ai dévoré, je recommande cent fois.

Illusions Forestières

Fantasy


Les Illusions de Sav-Loar
de Manon Fargetton

Milady/Bragelonne

2016

*****

C'est une histoire de femmes. Un peu féministe dans le fond, avouons-le, mais avec quelques nuances bienheureuses qui l'empêchent de tomber dans les bas-fonds actuels ridicules ! ("rhôôô mais c'est qu'on frôle les polémiques dis donc !")

C'est aussi une fresque fantasiesque grandiose où un royaume plus si jeune que ça a tendance à se reposer un peu trop mollement sur ses acquis et ses "traditions". 

C'est le récit d'un combat entre plusieurs camps bien campés dans leurs positions, leurs idées, leurs idéaux, leur souffrance et leurs souvenirs lointains.

C'est là que débarquent nos héros, - non il n'y en a pas qu'un, choisis donc ton préféré, Ô Hôte Curieux,  entre l'esclave mercenaire, la jolie pimbêche, la jeune et fragile magicienne en devenir, la princesse en fuite, l'ancienne mage, le sage sorcier, le Traqueur sournois et belliqueux... - nos héros, disais-je, dans ce bourbier en apparence bien délicat, qui vont devoir choisir avec/contre qui se battre. Bien sûr, se battre, on y est obligé, dans ce monde où la magie dirige et condamne, où tu n'as guère la possibilité de choisir qui tu es. 
C'est donc une quête initiatique si chère à la Fantasy, qui a une douce saveur de forêt de pins, de mousse et de sorts d'illusions. Mais une quête pas si classique, puisque la morale est bien souvent malmenée. Et ça, c'est agréable. Le monde n'y est pas manichéen, les personnages apprennent, se mettent parfois dans la peau de l'ennemi, souffrent, changent. Et ça, ça fait un bien fou !

Tendre Hôte, si tu rêves de liberté, de vent de changement, d'amour pur ou d'île Shaolin, si tu veux un roman qui te parle d'Histoire et d'apprentissage, de volonté, de pouvoir ou de bataille, ne passe pas à côté de celui-là. Il est fort agréable, dépaysant et beau.



10 oct. 2018

Au Bord du Styx

Littérature / Fantastique
 
L'autre rive 
de Châteaureynaud
 
Zulma
 
2017
 
749 pages

*****

Ne me demande pas comment j'ai ouï parler de ce roman, Ô Tendre Hôte, je n'en sais fichtrement rien ! Certainement pas grâce à la couverture qui ne correspond pas à ce qui m'attire d'habitude, ni à l'auteur que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam (faute impardonnable pour qui a déjà lu ou entendu le sieur), ni au résumé qui, s'il est parfait, n'éclaire pas vraiment sur le sujet tout en étant exact et imparable.
Non, si j'en ignore l'origine, une chose est sûre : les notes griffonnées sur des post-it ont parfois du bon. Du très bon même !
 
Parce qu'avec L'Autre Rive, on obtient un des romans qui vont trôner au top de mes favoris. Avec le Silmarillion. Et Ravage.

Grâce à ce style déjà, inimitable. Absolument délicieux. C'est là qu'on voit que la langue française, quand elle est maitrisée, peut nous sortir des petits bonbons de l'esprit tout juste acidulés, légèrement croquant sous la dent, au goût si délicatement fondant, que les goûter nous condamne à y devenir accro. Mieux que la coke. Ou la vodka red-bull.
 
"Drôle de fille que Mina, embarrassée de son intelligence comme d'une valise trop lourde. Elle enviait l'ingénuité des autres, leur légèreté. Rien dans la tête : le bonheur. Ils chantaient sans s'entendre, ils dansaient sans se voir. Mina entendait toutes les fausses notes, elle voyait tous les faux mouvements. Les siens d'abord, comme il se doit, et sa gorge se nouait, se corps se figeait. Le temps de leur étreinte, la joyeuse irréflexion d'Onagre et son sans-gêne si voisin d'une aisance absolue l'avaient-ils délivrée d'elle-même ? La malheureuse aimait Onagre Propinquor ! devina Benoît. Elle si pleine, elle l'aimait d'être vide.
Il la plaignit, et dans la foulée il se plaignait lui-même d'aimer Fille-de-Personne. Tout semblait confirmer que le monde était mal fait."
 
God ! 750 pages de douceur, de lyrisme et de satire à peine voilée. C'en est presque trop peu.
Oui oui, satire aussi, puisqu'il est aussi question de société (à la dérive ?). Une société que nous découvrons à travers le destin de Benoît, habitant de la cité endormie et oubliée d'Ecorcheville, accrochée aux rives du Styx, ce fleuve qui mène aux Enfers, cité de l'Au-Delà. Rappelle toi tes leçons de culture gréco-romaine, Ô Hôte Cultivé, parce que là-bas, tout est réel. Le génie du roman se situe pour moi précisément ici. Dans ce cocktail savant de modernité et d'antiquité. On y croise une jeunesse dorée se noyant doucement dans l'alcool et les courses de voitures, ployant sous les volontés directives de leur parents éblouis par des rêves impérieux de puissante conquête ; des pluies de salamandres ; une sirène se languissant dans un bocal à la vue de tous dans un musée des horreurs...
Du génie je te dis !

Et on parle de cette difficulté de grandir, de se construire dans un monde à la fois aussi concret et aussi brumeux, à la fois sorti d'un rêve loufoque mais néanmoins terriblement réel.
 
Une belle allégorie de la vie, rien que ça, sans cesse tiraillée entre le respect des traditions et la volonté d'aller de l'avant, vers un futur sans nuage.
 
Et au delà de ça, un régal pour l'imagination.

19 juil. 2018

Western & Dragons

SF / Western
 
Les Foulard Rouges 
de Cécile Duquenne

Bragelonne Snark

2014

Trilogie papier
Premier tirage en numérique

*****

Si tu es amateur de mélange des genres, Ô Hôte Curieux, tu devrais t'arrêter deux minutes sur cette trilogie. Et venir te dorer la pilule sur Bagne, qu'on rigole un peu... hin hin... Je ricane parce que vois-tu, Bagne est une prison, une planète-prison au climat aride et au désert brûlant. D'ailleurs, rien n'y pousse, si ce n'est les cadavres... Livrés à eux-même, les condamnés se font imposés leurs propres lois, et gare à ceux qui se mettent le patron à dos !
Ambiance ambiance...

Et nous suivons Lara qui a atterri ici alors qu'elle ne le méritait pas forcément, la belle Lara qui rêve encore de la Terre et de son ancienne vie, mais qui a dû se forger une carapace d'acier pour se protéger des balles de ses rivaux.

Tu veux de l'aventure, en voilà ! Entre western et SF, avec quelques touches de steampunk pour les costumes, l'ambiance, sans se prendre au sérieux, est parfaite. Je sens encore quelques grains de sable rouge me piquer les pieds. On n'a pas le temps de s'ennuyer, ça pétarade et ça voyage. On s'envole même parfois et on se bat souvent. Et malgré tout on garde la banane grâce à la distribution des premiers rôles qui font ça tellement bien !

Et ce final... Ce final qui colle parfaitement au ton général, qui résume et qui clos divinement la conversation.

Impeccable. Nickel. Je recommande !

Envie de Liberté

4 ans que je n'ai pas mis un pied dans cette taverne... Je suis une tenancière affreuse.
Mais là, j'accumule les lectures, j'accumule les jolies choses à raconter, et c'est mieux de pouvoir mettre des mots sur ces sentiments, et encore mieux, si, pourquoi pas, ces mots pouvaient toucher au moins une personne un jour, en quête de jolies choses...
Donc je reviens (j'espère !) afin de mettre tout ça à jour.

*****
Fantasy


Les seigneurs de Bohen
de Estelle Faye

Critic

2017

592 pages

*****

Je reviens avec une auteure que j'ai découverte aux Imaginales, et qui, à chaque fois qu'elle s'exprime, m'emporte dans sa frénésie passionnée.
J'ai nommé Estelle Faye. Pour son roman sur Bohen.
(J'ai aussi commencé son autre série La voie des Oracles, j'en parlerai peut-être un jour...)

Dans ce roman, on se fait happer dans un monde où la magie fait partie intégrante de l'Empire, avec un bestiaire intriguant et surtout des personnages à se damner ! Un Empire qui, s'il était jadis puissant et incontestable, commence à s'effriter... Entre les légendaires vaisseaux noirs, nimbés d'ondes maléfiques, qui menacent les côtes et les intrigues politiques grondantes dans le dos du Pouvoir, rien ne promet que cet état de grâce va durer encore longtemps.
Et là, je m'arrête parce que sinon je dévoile toute l'histoire ! Pas que ça me dérange en soi, mais ça reste dommage pour qui qui voudrait le découvrir. Parce que c'est un roman qui mérite d'être découvert !

Pas qu'il soit parfait, il y a quelques petites choses qui m'ont chagrinée, comme ces moments d'amour si développés que tu te demandes si c'est un roman de dark fantasy à l'intrigue politique fournie ou un miroir pour les questionnements d'adolescents en découverte de leur corps. Ou comme ce "chien de guerre" (avec un nom pareil, on s'imagine déjà le tableau !) à la tête d'une armée de mercenaires, qui ne craint ni la poudre ni la mort, on se le représente comme une armoire à glace tout en muscles, en sueur et en cicatrices, mais qui se révèle être bien plus lisse que ça... Niveau crédibilité, il en prend un coup !
Mais c'est bien les seules choses qu'on pourrait reprocher à ce roman.
Parce qu'on y passe un fort agréable moment. Parce que l'univers en lui-même est riche et merveilleux, et que Sainte-Etoile est un mec que j'aimerais croiser sur ma route !^^ Parce que l'intrigue tient la route, chose rare en ces temps incertains qu'il est bon de le noter, et que, je sais pas si je l'ai déjà dit, mais les personnages sont gigantesques !

Maintenant je ne sais pas si c'est prévu, mais j'attends la suite, parce que je veux une confrontation entre magiciens, parce que je veux savoir si l'horizon cache des terres mystérieuses, parce que j'ai aimé l'ambiance sombre et décalée de Bohen.

6 oct. 2014

Les Oiseaux


Bird Box
de Josh Malerman

Calmann-Levy

Sept 2014

350 pages

*****


Oh là là, c'est bien connu, je n'aime pas les histoires qui font peur. Ca me fait peur. Et après, je deviens encore plus paranoïaque qu'à la normale. Les fantômes, les zombies, des maniaques de la tronçonneuse et les clous dans le genou, très peu pour moi.

Mais Bird Box, ce n'est pas ça.
Bird Box, c'est une histoire de fous. C'est un récit post-apocalyptique où jeter un regard dehors, où voir ce qui attaque mène au suicide. C'est gênant pour savoir ce qu'il se passe. Et quand on ne sait pas, on invente, on récolte la moindre bride d'info (réelle ou fantasmée) afin de tenter d'expliquer ce malheur qui nous tombe sur le coin de la courgette. Pour savoir. Ne serait-ce que savoir ce qu'il se passe...


Malorie ne sait ni pourquoi ni comment, mais elle sait que quelque chose risque d'anéantir le genre humain. Mais elle n'est pas Bruce Willis en collant, elle n'est pas destinée à sauver le monde. Sauver sa peau, et celle de l'enfant à naitre, c'est déjà un programme compliqué.

Alors, s'armant de courage, elle va sortir, elle va affronter l'extérieur, les yeux bandés et tous les autres sens en éveil...

Quelle impuissance décrite ici ! Quelle fragilité ! 
Bird Box est un récit tout en sensations, que ce soit un sentiment de peur, d'amour, d'espoir, ou l'impression fugace de n'être pas seul là, dans la cour...

Bird Box, c'est un murmure.
Bird Box, c'est une caresse spectrale, c'est un souffle mortifère qui joue dans vos cheveux tandis que vous êtes au beau milieu de nulle part, aveugle, tremblant et désarmé, piètre sac de viande hurlant silencieusement son désir de vivre dans un chaos grandissant.


C'est aussi probablement bientôt un film, qui, s'il le veut bien, pourrait être aussi magnifique que terrifiant.

5 mars 2014

Décadence Viennoise

Littérature Historico-Aventureuse


L'Incroyable Histoire de Wheeler Burden,
 de Selden Edwards

Cherche Midi

Janvier 2014

650 pages


*****

Et si vous vous retrouviez propulsé 100 ans dans le passé, à un moment crucial de l'Histoire, seriez-vous prêt à changer l'avenir, et donc à risquer de détruire le monde dans lequel vous êtes nés ? En a-t-on seulement le pouvoir ? C'est la question qui est posée à Wheeler Burden, fière et décadente star du rock qui déteste passer inaperçu.

Tu me connais, Cher Hôte, les voyages dans le temps sont un de mes sujets de prédilection ! Alors dès que je peux, je m'y colle, en ayant l'espoir de trouver une aventure digne de ce nom. Et ce roman était assez original pour prétendre au titre de voyage fantasmé : un homme, en la personne de Wheeler, expansif et grande gueule, icône rock des années 80 se retrouve du jour au lendemain envoyé en 1880 à Vienne. Pourquoi cette date et ce lieu ? C'est ce qu'il va tenter de découvrir, en arpentant la ville faste et flamboyante. Il y fera des rencontres étonnantes (il va se confier à Freud, prenant de ce fait le risque de modifier un des fondements de la psychanalyse moderne), instructives (son père s'est également retrouvé là où il n'aurait pas du) ou dangereuses (et si Adolf Hitler, alors âgé de 8 ans, vivait à quelques pas de lui ?). 

On s'en sort avec une histoire riche, remplie de références culturelles et scientifiques, et de réflexions temporelles qui feraient presque mal au crâne si on y pense de trop, mais il est tellement agréable de se triturer les méninges avec elles !... *air amoureux dans le vague*

Wheeler se rend alors compte qu'il avait peut-être besoin de ce voyage dans le passé pour se comprendre lui-même, ses origines, sa famille qu'il ne connait que très peu ; que ce voyage était nécessaire pour qu'il se construise. A moins que le Temps ne puisse se contrôler, et qu'il fait de nous ses marionnettes, pour ajouter un peu de piment à son existence cyclique... Va savoir ! ;)

Conspiration Scientifique

 Roman dramatique




Deux Secondes de trop
de Rachel Joyce

XO Éditions

février 2014

370 pages



*****



En fait, j'ai voulu lire ce livre juste parce que je trouvais que la couverture était très belle (et aussi accessoirement parce que ça parlait de secondes en trop... On ne se refait pas ! hihi)
C'est l'histoire de Byron, 11 ans, "qui apprend un jour de son meilleur ami que 2 secondes vont être ajoutées au temps, afin de faire coïncider l'heure officielle avec la rotation réelle de la Terre." Sauf que dès qu'il apprend cette nouvelle, Byron s'inquiète : on ne devrait pas jouer avec le temps, ça ne peut que finir mal. (Comme quoi, même en étant si jeune, on peut ressentir, ou pressentir, des choses fondamentalement vraies sans forcément avoir les mots ni les explications pour les expliquer.)
Au moment fatidique, lorsque Byron voit sur sa montre l'aiguille des secondes reculer, il insiste pour montrer le phénomène à sa mère, au volant... C'est là que drame survient. La collision est inévitable, une petite fille a été renversée, et c'est à ce moment que leurs vies basculent...

Nous arpentons le récit à travers les yeux (et la tête) de ce petit garçon, qui ne comprend pas tout autour de lui, les conversations des grands lui échappent parfois, mais qui met un point d'honneur à décortiquer, analyser, expliquer les événements d'une manière scientifique, il n'y a que comme ça qu'il pourra comprendre et aider sa mère. Car il veut plus que tout protéger sa mère (de son père rigide, de la police, si elle apprenait l'accident, de cette ombre qui s'est installée depuis peu sur le visage si joyeux de celle qu'il idéalise et qu'il chérit...) Avec son ami James, ils vont élaborer un plan d'action, afin de la sortir de cette panade et lui rendre son sourire. Mais œuvrer dans une maison où chaque chose doit être à sa place, où on doit sauver les apparences (par rapport aux voisins, aux connaissances) au détriment de son bonheur n'est pas chose aisée...

Ça nous donne un joli roman sur la destinée incertaine du commun des mortels. Analyser le quotidien bourgeois et guindé d'une aristocratie nouvelle à travers les yeux d'un enfant est une manière de dédramatiser les conventions sociales mais aussi d'apporter beaucoup de fraicheur à ce roman bouleversant.

4 févr. 2014

Ténébreuse

Roman de Fantasy

La Romance de Ténébreuse
{Intégrale I}
de Marion Zimmer Bradley

Pocket

2012

997 pages


*****


Quand j'ai entamé cette intégrale, j'ignorais absolument où je mettais les pieds. Sauf peut-être que Marion Zimmer Bradley est un nom dans le domaine de la fantasy, et qu'il fallait bien que je prenne connaissance de ses écrits.
Trois romans dans ce roman, avec un seul point commun : la planète, qui n'est pas la Terre.

Le premier récit - La planète aux vents de folie - (de loin mon préféré) est assez étonnement de la pure SF : un astronef s'écrase sur une planète inconnue. Les terriens, qui auraient du coloniser un autre astre que celui-ci, se retrouvent bien malgré eux à devoir s'adapter à leur nouvel environnement. Trop de monde il y a sur la Terre, et trop peu de ressources et de denrées pour la survie de tout le monde. Aussi, toute une génération fut élevée directement dans des vaisseaux, en vue de leur expédition sur d'autres planètes. Cet état d'esprit est monnaie courante, et même habitude et éducation. Lorsque leur astronef se retrouve hors d'usage, deux clans se forment naturellement : le capitaine du navire, qui n'est capitaine que s'il y a navire, désire plus que tout réquisitionner les hommes et les ressources pour le réhabiliter ; de l'autre les colons, qui sont là pour prendre possession de la terre, et non pour passer les dix prochaines années à apprendre des connaissances scientifiques dont ils n'ont cure. Ils veulent s'établir. Malgré ces vents inquiétants qui ont sur eux des conséquences étranges...
J'ai adoré cette entrée en matière. Tout ce que l'inconnu apporte, toutes ces possibilités d'avenir qui pointent leur bout de nez. Ce constat terrible qui est soumis aux survivants : vous êtes bloqués ici, tout ce qu'ils vous reste à faire, c'est tenter désespérément de repartir, de garder le lien (ou tout du moins l'espoir) avec la technologie, vos connaissances et votre passé, vos souvenirs, votre identité, ou alors de repartir de zéro, et de conquérir, avec votre sang et vos gènes une nouvelle terre, afin d'engendrer une nouvelle ère. C'est terriblement effrayant, tout en étant incroyablement remplie de perspectives inouïes.

Les deux autres récits - Reine des orages & La belle fauconnière - sont opposés à cette entrée en matière. Ils se déroulent des milliers d'années plus tard. 
Et c'est là que j'ai eu un peu de mal, parce que je m'imaginais bien refaire le monde avec les survivants du premier épisode, partager leurs craintes et leurs faux-pas, découvrir lentement ce que la planète avait à leur offrir et leur cacher. Sauf que nous n'avons pas eu ce privilège. Seulement le droit de constater que la mémoire est chose fugace... Et que l'être humain possède une merveilleuse capacité à s'adapter. Car désormais les habitants de Ténébreuse ont le laran, un pouvoir inscrit dans les gènes qui peut prendre différentes formes : celles de communier avec les nuages, de lire dans les pensées, de voir le passé, le présent et l'avenir, etc. 

Récits de fantasy faisant foi, nous voilà plongés dans un royaume en proie aux guerres et aux changement de mentalité. Les femmes s'émancipent, et là, on voit bien que c'est une femme qui a écrit ces romans. La volonté de décrire un monde qui opprime le sexe fort est bien trop présent pour qu'on le prenne au sérieux. "Je suis une femme libre" par là, "Je ne veux pas être l'esclave de mon mari" par ci, "Je suis aussi intelligente que toi" en fin de paragraphe, sont tout autant d'idées certes évidentes, mais qui aurait fallu, à mon goût, distiller avec un peu plus de parcimonie, dans des moments plus opportuns qu'à chaque page pour faire nous bourrer le crâne. C'est dommage, parce que ça m'a un peu gâché ma lecture.

Je vais donc rester sur ce premier texte, qui, avec seulement 200 pages, tient bien plus de promesses que bien des romans. Lecture OBLIGATOIRE !