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Pièce Sombre :

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Salle des Archives :

Les films...
Qu'ils nous permettent de nous évader, qu'ils nous fassent rêver, rire, pleurer ou qu'ils nous irritent au plus haut point, ils sont l'émotion à l'état pur...
Alors Moa, je veux en parler, partager et avoir ton avis, Ô Hôte Curieux !

Quant à la lecture, plaisir solitaire, je découvre peu à peu que chacun recherche quelque chose de différent en ouvrant un livre... Quoi ? Telle est la question...
Je ferai ici un compte-rendu absolument pas objectif des livres qui se sont soumis à ma pupille...

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31 déc. 2011

Dernière Tournée Générale

Héhé !
Ce n'est pas parce que nous sommes moins assidue ici-bas qu'on en oublie les bonnes manières !

Aussi, toute l'équipe de cette merveilleuse Taverne, composée de Moa-même et de Moa-même te souhaite de
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Joyeuses Fêtes !
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Et une tournée générale ! Une !
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La dernière de l'année 2011 !
On se retrouve l'année prochaine, Tendre Hôte !
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C'est pas nous qui marchons pas droit
c'est le monde qui va de travers
Et on a beau aller devant soi
On s'retrouve souvent sur le derrière

A maudire le salaud, l'enflure
Un tartuffe qu'a du vendre son ame
Avant de vendre des chaussures
Des godasses en peau de banane
Un peu plus tard on se releve
En s'accrochant tant bien que mal
A une vieille branche qui nous souleve
Nous demande si on s'est pas fait mal
La on dit " Pierre henri, oh c'est toi ! "
Lui il dit: " Eh les gars jsuis avec vous"
On s'concentre sur le premier pas
Vieux maut etre sur quand on est soul

Refrain

Mais on resiste on se rebelle
On fait face a l'attraction terrestre
Nos bras s'accrochent au ciel
Et nos guiboles s'occupent du reste
Et hop! Bras dessus bras dessous
Tac-tac! on repart au combat
On n'avance pas vite mais on est debout
Et ca c'est des trucs qui pourraient...
Si vous voyez qu'est-ce que je veux dire
Ah ca rien que d'y penser
Ben nous ca nous fait réflechir

Refrain

Mine de rien on s'grille une blonde
On s'dit que l'amour c'est pas si grave
En on se re-refait le monde
Sans que le monde ne s'en apercoive
Alors on s'dit qu'on l'a bien eu
Et qu'c'est pas lui qui nous aura
Et hop! La fête continue
Et on est la pour fêter ca

Refrain

Dernière Querelle

Fantasy
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La Première Loi - Tome 3 :
Dernière Querelle
de Joe Abercrombie
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Pygmalion Fantasy
647 pages
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Octobre 2011
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Nous y voilà ! Enfin la fin !
Souviens toa l'été dernier, Charmant et Appétissant Hôte, je te parlais avec enthousiasme d'une trilogie trop bien où il était question de barbares vraiment très barbares vivant dans un monde en grand changement où magie et coups bas politiques se mêlaient à des scènes de torture et à des combats d'escrime ! { ici }
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Eh bien là, c'est la fin.
Puisque toutes les bonnes choses en ont une, nous l'avons touchée, et bien touchée, de l'iris et de l’œil, afin de nous abreuver encore et toujours de l'imaginaire grandiloquent et majestueux de ce cher Joe.
Non je n'en fais pas trop !!!
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Donc ici, toujours plus de guerre et de duels sanglants, de doigts coupés et de gorges tranchées, de vilains et d'hommes de bien "retournés à la boue". Des promotions, des retournements de situations, enfin, toute la sauce pour te tenir en haleine jusqu'à la dernière page...
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Jusqu'ici, la frontière entre le Bien et le Mal n'était déjà pas bien définie, sache Curieux Hôte que cela ne s'arrange pas avec les pages. Et puis, entre nous, qu'est-ce que cela peut faire, le Bien, le Mal, tout ceci n'est qu'une question de point de vue, comme dirait mon vampire préféré (quoique, j'aurais un truc à dire là-dessus aussi...)
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Dans ce monde, tous ont un sale passé derrière eux, un vilain présent et des actes fort peu glorieux à porter à leur palmarès. Ce n'est pas évident de se construire dans un monde dopé par la méchanceté et la manipulation. Là-dessus, pour sûr, Joe n'est pas tendre avec ses personnages, quand il les fait emprunter ces chemins sinueux, tortueux et puants de la vie. Des fois, on se dit que la mort n'est pas si terrible quand on voit ce que les vivants doivent subir...
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Et quand tu penses qu'on a fait tout ça pour se rendre compte que... Rhâââââ la manipulation est plus terrible encore que ce que l'on pensait !!! Et que la société est injuste ! Et à quel point le monde est cruel ! Et ce final si... si... si explosif ! Inhabituel et explosif ! A un point tel que je ne sais plus vers quel bois me tourner !
Rhôôôô. Ben moa je dis : ENCORE !!!

Erotisme Féminin

Roman "classique"
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Le Potentiel érotique de ma femme
de David Foenkinos
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Folio
179 pages
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2011
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*****
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Petite incartade entre la bestialité et la bestialité (oh ! Je ne t'ai pas dit, Tendre Hôte, me voilà lancée dans True Blood, les textes ! Mais chuuutttt, cela viendra bien assez tôt... Pour les images aussi, d'ailleurs...), voici donc l'histoire d'une vie.
...
C'est dommage, parce que j'ai beaucoup plus à dire sur ces cons de vampires que sur le potentiel érotique de la femme d'Hector. Dommage disais-je parce que le style de David Foenkinos me plait toujours autant. Loin de moa l'idée de répéter ce qui a déjà été dit plus loin et plus avant (c'est selon), mais c'est juste que David pratique le zeugma avec tant de délicatesse (aaaaaaah j'ai pô pu m'en empêcher !) et de délectation que je ne puis qu'applaudir devant tant de grâce.
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Il s'agit de l'histoire d'Hector donc, atteint de collectionnite chronique, c'est-à-dire qu'il ne vit que pour collectionner les trucs.
"Après avoir collectionné, entre autres, les piques apéritifs, les badges de campagne électorale, les peintures des bateaux à quai, les pieds de lapin, les cloches en savon, les bruits à cinq heures du matin, les dictons croates, les boules de rampes d'escalier, les premières pages de roman, les étiquettes de melon, les oeufs d'oiseaux, les moments avec toi, les cordes de pend, Hector est tombé amoureux et s'est marié.
[...]"
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Effectivement, lorsqu'un jour, grand célibataire accompli, il tombe sur celle qui deviendra la femme de sa vie, il ne pourra s'empêcher de désirer collectionner sa femme...
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C'est surprenant, c'est drôle, c'est tout plein de néologismes dignes des plus grands néologues, et de zeugmas disais-je, donc du coup, c'est très agréable. Une petite parenthèse accueillie avec plaisir, histoire de ne pas être trop focalisée sur des orgies diaboliquement enduites de foutre et de sang.
...
Quoi ?! Rôôôôh non, cela ne me ressemble pas, mais je t'ai préviendu, Ô Chaste Hôte, mon côté bestialement primaire est actuellement titillé. C'est pourquoi je lis le Potentiel Erotique de ma Femme. Rien à voir cependant ! Puisqu'il s'agit là d'une lecture bizarre mais meugnonne, stylistiquement stylisée et très... foenkinosesque !
Oui.

5 déc. 2011

Prétextat Tach

Littérature "classique"
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Hygiène de l'assassin
de Amélie Nothomb
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Points
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181 pages
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2001 pour mon édition
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*****
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Prétextat Tach est écrivain. Mieux : il est prix Nobel de littérature. Il est également imbu de sa personne, misanthrope, misogyne, violent, féroce et cynique. Bref, un homme qu'on rêve de rencontrer !
Cela dit, il ne lui reste plus que deux mois à vivre, tout atteint qu'il est d'un cancer des cartilages.
Lui qui n'a jamais apprécié la compagnie des autres accepte néanmoins de donner quelques interview à des journalistes triés sur le volet.
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S'il éconduit rapidement les premiers venus, il va tomber sur une femme, journaliste, qui aura la force de lui tenir tête, une capacité étonnante de répondant. Et l'interview de tourner en sa défaveur et de révéler les secrets de sa vie, à son image : diaboliques et sanguinaires.
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Alors oui, certes, il y a une certaine force épicée dans le dialogue qui compose ce récit. Et il y a quelques réflexions profondément dignes d'intérêt et de méditation comme ce passage où il est question de lecture et de lecteurs... :
"[...] Car la plupart des gens émergent de Proust ou de Simenon dans un état identique, sans avoir perdu une miette de ce qu'ils étaient et sans avoir acquis une miette supplémentaire. Ils ont lu, et c'est tout : dans le meilleur des cas, ils savent "ce dont il s'agit". Ne croyez pas que je brode. Combien de fois ai-je demandé, à des personnes intelligentes : "Ce livre vous a-t-il changé ?" Et on me regardait, les yeux ronds, l'air de dire : "Pourquoi voulez-vous qu'il me change ?"
- Permettez moi de m'étonner, monsieur Tach : vous venez de parler comme un défenseur des livres à messages, ce qui ne vous ressemble pas.
- Vous n'êtes pas très malin hein ? Alors vous vous imaginez que ce sont les livres "à message" qui peuvent changer un individu ? quand ce sont ceux qui les changent le moins. Non, les livres qui marquent et qui métamorphosent, ce sont les autres, les livres de désir, de plaisir, les livres de génie et surtout les livres de beauté. Tenez, prenons un grand livre de beauté : Voyage au bout de la nuit. Comment ne pas être un autre après l'avoir lu ? [...]"
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Mais, il y a un mais !
A part ça, j'ai trouvé l'histoire répétitive. Quant au final, il n'est pas si éblouissant et époustouflant que ça !
Je crois bien qu'Amélie Nothomb, ce n'est pas pour moa !

Vies de Silmarils

Roman de fantasy
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Le Silmarillion
de JRR Tolkien
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Pocket
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479 pages
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2004
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*****
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Un monument.
Je n'ai pas vraiment eu pour habitude de faire une chronique sur le maitre de la Fantasy, incapable je crois de pouvoir relater les choses comme elles sont, aussi je pense être brève pour celle-ci.
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Un monument.
Un monument nous fait face.
Lorsque l'on plonge dans les lignes du Silmarillion, nous sommes frappés par la qualité et la finesse de l'écriture, mais également du fond.
Car on y relate la création des Terres du Milieu, rien que ça. Si au début il n'y avait rien, Ilùvatar a décidé de créer la Musique. De là découlent les Premiers Jours... Et le Silmarillion.
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Un monument, certes, mais encore ?
C'est un récit épique moyenâgeux mêlant magie et dieux.
C'est la Chanson de Roland mettant en scène les intrigues de l'Olympe.
C'est la Chanson des Nibelungen et la Bible.
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Le Silmarillion, c'est un colosse aux pieds de marbre, c'est la base de l'Œuvre...
Je n'ai rien à ajouter.

Intouchables

Intouchables, de Eric Toledano & Olivier Nakache
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avec François Cluzet, Omar Sy, Anne Le Ny...
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2 novembre 2011
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*****
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Aaaaah enfin un film qui m'a réconciliée avec la Grande Toile ! Un film qui parle de handicap tout en nous faisant pleurer de rire ; qui mêle le quotidien difficile d'un tétraplégique et l'arrivée dans sa vie d'un grand black qui n'éprouve aucune pitié pour lui.
Philippe est riche. Très riche. Un détail gênant tout de même : il ne peut bouger que la tête. Accident de parapente. Ça pardonne pas. Driss lui, jeune de banlieue, a besoin de se présenter à des entretiens d'embauche pour toucher les allocs'. Et bien qu'il ne s'y connaisse en rien en ce qui concerne l'aide à domicile, Philippe va l'engager.
Son rayon de soleil.
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Tel un ouragan, Driss va tout chambouler sur son passage. Déjà, il va réhabiliter la belle voiture qui ronronnait sous son linge ; ensuite, et c'est sans doute ce qui est le plus important et le plus touchant (techniquement, on s'en fout de la voiture, mais c'était pour la petite histoire), c'est qu'il va le regarder avec un œil neuf, il va le considérer non pas comme un handicapé dépendant, mais comme un être humain.
Tout simplement.
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La cohabitation commence, et voilà qu'on associe bien vite Vivaldi et Earth Wind and Fire, le verbe et la vanne. [dixit Allocine]
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Voilà, moa j'ai bien rit, pas encore remise du mythique, cruel et irrésistible "pas de bras, pas de chocolat".
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C'est ça quand on confronte le naturel au guindé, la langue pendue à la langue de bois...
Un film à voir et à revoir, je ne pense pas qu'on s'en lassera un jour.
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*****     
A noter la sortie d'un livre, Le second souffle
par Philippe Pozzo di Borgo, chez Bayard Jeunesse.

28 nov. 2011

Etre Femme

Essai
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Je suis une créature émotionnelle
de Eve Ensler
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10/18
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179 pages
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Novembre 2011
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*****
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Ou la façon de revendiquer la tête haute que je suis une fille. Peut-être que toa, tu ne l'es pas, Ô Viril Hôte, une fille, mais ce n'est pas là l'essentiel. L'essentiel, c'est de revendiquer.
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Je suis une créature émotionnelle, c'est une dizaine d'histoires racontées à la première personne. C'est l'histoire d'une jeune ado mal dans sa peau ; c'est également l'histoire d'une asiatique pas plus haute que trois pommes engagée pour fabriquer des Barbies ; c'est aussi l'histoire d'une demoiselle kidnappée et devenue l'esclave sexuelle d'un pervers dérangé. C'est autant d'histoires que de vies, c'est autant de micro-récits pour ne pas oublier que c'est une réalité actuelle qui ne devrait plus être dans une société dite "civilisée".
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Si ce n'est pas un livre transcendant, il a la volonté de vouloir changer les choses, afin que le sexe fort se revendique en tant que tel et si ça peut marcher, je le mettrai volontiers dans toutes les jeunes mains que je trouverai. Et pas seulement des mains féminines !
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Puisque les sujets abordés sont multiples, on y parle de filles battues par leurs copains et qui trouvent ça normal ; d'exploitations du travail ou sexuelle ; d'un mal de vivre adolescent qui se finira mal ; d'homosexualité...
Dans un seul but : la liberté.
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A noter la présence d'un site où l'on peut débattre de ces questions, parler de nos malheurs, etc.

7 nov. 2011

Des griffes en os ?

X-MEN Origins : Wolverine, de Gavin Hoods
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avec Hugh Jackman, Danny Huston, Liev Schreiber
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29 avril 2009
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*****
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Comment ça ? Qui a dit que j'étais en retard en ce qui concerne les sorties de la Sacro Sainte Toile ?
Que celui-là se taise à jamais. Et puis d'abord, c'est faux, j'y vais ce soir d'abord, alors hein, ça calme !...
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Bon, où en étais-je ? Au début du commencement, non pas du monde, non pas non plus de la saga Marvel avec des mutants dedans parce que celui-là, je ne l'ai pô encore vu (on en reparle dans 5 ans, okay ?), mais bel et bien au début de cette chronique. (Parce que oui, ceci est une chronique, j'ai décidé !)
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Aaaaaah Wolverine ! Ses longues griffes, ses muscles saillants, son mauvais caractère et sa coupe à la M, on pourrait en faire un poème. Rassure toa, vilain et odieux Hôte, je ne m'y risquerais pas, puisque d'autres en ont fait un film.
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Et, fort déçue du troisième opus de la trilogie première (le coup du pantalon magique qui résiste alors que des buildings s'effritent, on ne me la fait pas à moa !) je m'attendais à une terrifiante énième suite financière où des explosions côtoient des explosions. Fort heureusement, ce n'est pas le cas. Je ne dis pas que c'est un Woody Allen, mais on y trouve (en plus des explosions) un brin de poésie (aaaah Wolverine torse nu dans la nature !...)
*regard contemplatif perdu dans le vague*
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Rien que pour ça, le détour vaut la peine d'être emprunté.
Chacun ses petits plaisirs !

La Délicatesse

Roman "classique"
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La Délicatesse
de David Foenkinos
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Folio
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209 pages
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2011
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*****
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Bizarrement, je n'ai pu que rapprocher ces deux lectures, la Délicatesse et les Heures Souterraines. Pourtant, ce n'est pas le même sujet qui est abordé, mais si je devais choisir, je prendrais celui-là. Parce que Foenkinos a des phrases touchantes et un nom vachement drôle.
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Il suffit de lire la quatrième de couverture :
« François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus, ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, c’est parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse…
- Je vais prendre un jus… Un jus d’abricot, je crois, répondit Nathalie. Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité ».
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qui est à la fois à l'image du roman mais qui favorise également l'ascenseur émotionnel qui nous happe lors de ladite lecture.
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Car si tu t'attends à entreprendre un récit où le Joufflu prouve son talent grâce à de nombreux artifices et moults subtilités, eh bien, tu te trompes ! Certes, il est question d'amuuur, mais il est également question de reconstruction émotionnelle.
Et ça c'est bô.
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Mais ce qui rend les choses encore plus succulentes, c'est la tonalité employée, ce petit quelque chose que ce cher David a et que les autres n'ont pas (tous), ses petites réflexions, ses petites phrases, sa manière d'écrire quoi ! Ce qui lui donne un charisme et un charme fou, tu n'imagines même pas !
Un charme qui ne s'explique pas, mais qui se savoure...
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Rien que pour ça, je vais m'enchainer ses autres romans, et voilà.
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PS : j'ai bien pensé à faire un final qui s'alimenterait d'un jeu de mot subtil du genre "tout en délicatesse" mais je me suis dis que ça avait déjà sûrement été fait, alors non... ;-)

Heures sombres

roman "classique"
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Les Heures Souterraines
de Delphine de Vigan
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Le Livre de Poche
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250 pages
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2011
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*****
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C'est étrange de résumer ce livre. D'ailleurs, je ne sais comment commencer. D'habitude, je raconte ce qui m'a attirée, que ce soit au niveau de l'histoire ou du sex-appeal de l'auteur. Mais là, d'une, le sujet n'est pas franchement des plus hilarants, de deux, l'auteur est une femme.
Est-ce bien résumé ?
Bon.
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Les Heures Souterraines est une intrusion. 
Une intrusion dans la vie de Mathilde et Thibault, deux individus qui ne se connaissent pas. Ils ont pourtant un point commun : ils sont tous les deux déboussolés et au bout du rouleau, se font brutalement balloter par quelques diableries parisiennes.
Des souffrances intérieures et personnelles qui sont dues à l'usure de la vie, à sa cruelle monotonie ou à sa violence quotidienne. L'héroïne, veuve depuis quelques années, bien qu'elle ne soit jamais remise de la mort de son époux, a toujours tenté de faire face jusqu'à ce que son boulot, qui jusqu'alors la faisait tenir, devienne pour elle un enfer...
Thibault quant à lui se rend soudain compte du vide affectif qui l'occupe et que son métier n'est peut-être pas la vocation tant espérée...
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Les Heures Souterraines, ce sont des portraits brisés par une vie beaucoup trop féroce ; ce sont des personnages en détresse qui tentent vainement de se battre contre le courant.
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Se rencontreront-ils, "comme dans ces histoires d'amour", où ils trouveront la force de s'épauler afin de vaincre l'adversité et le mal ? C'est du moins ce qu'on espère...
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Pour sûr, ce n'est pas joyeux comme lecture, mais il pointe du doigt notre société dans ce qu'elle peut avoir de plus détestable, et parfois, il est bon de quitter notre utopie fantasmagorique...
Ou pas.
Parce que ce genre de détresse humaine et de déboires perso de l'individu manquent à mon goût de bizarrerie loufoque, ce que j'en dis...

17 oct. 2011

Historique Dialogue

Roman historique
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La Conversation
de Jean d'Ormesson
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Ed. Héloïse d'Ormesson
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120 pages
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Septembre 2011
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*****
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Que s'est-il passé juste avant que Bonaparte décide de devenir Napoléon ? Qu'est-ce qui a bien pu se passer dans sa tête ?
Dans La Conversation, ce cher Jean y répond à sa manière, en inventant un dialogue entre Bonaparte et le second Consul de France, Cambacérès.
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Bon, avouons le tout de suite, l'histoire et moa, ça fait deux. J'écoutais en cour seulement lorsqu'on parlait de Zeus ou de lupanar antique. Tout le reste (ce qui fait pas mal de trucs...), datant d'après l'an 1000 me dépasse complètement. (L'an 1000 ais-je dis ?! Je suis peut-être optimiste là.) Mais parfois, histoire de ne pas mourir bête, je m'intéresse.
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Et puis là, dans ce petit dialogue (que certains rumeurs veulent pousser sur les planches... Avec Edouard Bear, un nom à été lancé ! Moa, Edouard en costume d'époque, j'adhère !), non seulement le sujet arrive vite [Bonaparte avoue lui-même avoir mieux à faire que trainer sur des broutilles et aime quand les choses vont vite !] alors soit.
Mais en plus, des détails et anecdotes comme on les aime décorent le récit et l'ornent pour notre plus grand plaisir. Il est précisé que toutes (ou presque) les paroles de Bonaparte ont réellement été dites (ou écrites) et on apprendra donc avec délectation que son bras droit, le fameux Cambacérès, homosexuel affirmé, s'est retrouvé bien vite affublé du doux surnom de Tante Turlurette. Ou bien qu'une histoire de châle a prit davantage d'importance que l'étude des mouvements de troupes de Waterloo ! Non, la dernière partie de la phrase n'est pas vraie, mais il me fallait une comparaison pour dire que ça a prit beaucoup d'importance.
Tu vois, dis comme ça, cela rend moins bien.
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Enfin, un petit livre ("entre deux romans", dixit d'auteur) pour quelques anecdotes historiques qui, si elles n'éclairent pas l'homme, le montrent du moins dans une grandeur et une majesté charismatique dignes des tableaux de Ingres ou de Poussin.
Après tout, n'est pas Empereur des Français qui veut, mais bien ce qui a pu faire venir le Pape à Paris !
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Extraits :
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"CAMBACERES
Ah ! je vous vois dans ces débats interminables - et qui vous impatientaient ! - sur le mariage, sur le divorce, sur les successions, sur les enfants naturels, sur la peine capitale... Vous, vous vouliez toujours aller plus vite ; moi, j'étais toujours soucieux de trouver, pour répondre à vos voeux, la formulation la plus simple, la plus brève, la plus claire : "tout condamné à mort aura la tête tranchée..."
*****
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"BONAPARTE
Je connais les Français, leur légèreté, la facité avec laquelle ils sont capables de changer d'opinion. La République est une chimère dont ils sont engoués, mais qui passera avec tant d'autres. Je suis persuadé qu'il y a dans la masse de la nation un retour complet aux formes de la monarchie.
CAMBACERES
Le mot fait encore peur.
BONAPARTE
Mais, mon cher collègue, ce ne serait pas au profit des Bourbons qu'on la rétablirait."
*****
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CAMBACERES
Le titre d'empereur ?
BONAPARTE
Pourquoi pas ? La République serait confiée à un empereur. Après tout, monsieur, nous n'avons tous juré haine qu'à la seule royauté.
CAMBACERES
C'est vrai : nous n'avons jamais dit un mot contre l'empire."

3 oct. 2011

Tuer le père

Roman "classique"
 .
Tuer le père
de Amélie Nothomb
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Albin Michel
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150 pages
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Août 2011
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Voilà, on veut s'acoquiner avec d'autres amours que les nôtres premières, on flirte, on danse, on dîne et on fait semblant de ne pas avoir remarqué ses pustules au niveau de son front et on se dit que ce n'est pas parce qu'il empeste l'oignon qu'il en mange à toutes les sauces et puis nous voila là. Au point initial. Non pas que j'aurai du une fois de plus écouter ma mère (de mes amours, elle s'en tamponne le coquillard), mais bien mon intuition, ma folie, mes volontés premières, mes ultimes adorations. 
Car l'ineffable optimisme qui m'habite me pousse à penser qu'une fois l'emballage retiré, une fois l'effeuillage effectué, nos papilles trouveront une gourmande pensée, une succulente caresse ou une fraicheur et une virginité délicate... 
Mais non.
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Il n'y a pas à tortiller, cette nouvelle rencontre laisse dans ma bouche un arrière-goût acre... ou âpre... ou peut-être les deux. Reste à déterminer.
Je les préfère avec une saveur plus originale, disons... plus sucrée, plus lointaine, plus orientale.
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Oui Hôte Impitoyable, je me vieillit, je radote, mais au moins, je reste fidèle à moi-même (enfin, si physiquement cela ne soit pas vraiment le cas, tu l'auras très certainement comprit, mon cœur s'enorgueillit d'une ferveur fidèle et sans limite.)
Et ces dires d'écrivains modernes me touchent aussi profondément que le sport olympique national syldave*. A savoir pas du tout. 
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Ici, on part d'un monde de magiciens (contemporains, les magiciens, j'ai pas dis "mages") où un jeune garçon, rejeté par sa mère, va se trouver un père ailleurs, un magicien. Junkie à ses heures. Lors de bacchanales modernes, festivals hippies où le LSD côtoie avec grâce l'assourdissante musique accompagnée de divers "arts de rue" amateurs. Une fois le thème de la magie et des festivités acides et libertines abordé, thème on ne peut plus intéressant et surprenant soit dit au passage, on passe directement à Las Vegas, pays du jeu et de l'enivrement féroce, puissant monde parallèle où "tentative de berner le système" rime avec "gare à tes fesses, tonton Terry Benedict est là"** pour se terminer sur une confrontation père/fils inhabituelle certes, mais fade.
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A cela, je dis "bof, les histoires de famille..."
Heureusement, 150 pages, ça va vite.
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*de Sylvadie, pays dans Tintin, alias la reception du lancé du Sceptre d'Ottokhar.
** cf Ocean 11, Ô Hôte Inculturé.

Yo ho, yo ho, nous sommes les pirates...

Roman de SF
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Le Déchronologue
de Stéphane Beauverger
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Folio SF
.
555 pages
.
2011
.
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*****
.
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Ah ah !
Tu pensais en avoir terminé avec les pirates, mon Précieux ? 
Comment ??!?! Tu n'apprécies guère d'avoir les pieds dans l'eau, la goutte au nez, le nez au vent, les ampoules aux doigts et le mal de mer ?! Tu en as assez de surveiller tes arrières parce que tu ne fais pas confiance en ton équipage ?! Tu en as assez de passer ton temps à régurgiter ce mauvais rhum qui te sert de boisson quotidienne ?! Tu n'aimes pas le poisson ?! Tu en as assez de t'user la corne des pieds sur le sable dur et la rocaille ?! Tu en as assez de ces aventures où les gentils sont les mutins et où on ne fait que te rouler dans la farine ?! Tu en as assez de chercher un trésor que personne ne trouve et que tu dilapideras en rhum encore moins bon que les mien et en compagnie bien moins charmante que la mienne ?!
Et si je te dis que cette fois-ci, Chronos notre Maître à tous est de la partie ?! Alors, tu embarques ?!
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Je m'en doutais.
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Parce que là, nous avons affaire à un petit chef d’œuvre (je le dis doucement, mais je le dis quand même). Un chef d’œuvre relatant la vie flibustière du capitaine Henri Villon, français, homme de mer ( un mârdi, tintintin ), qui, un jour de bô temps ( à moins qu'il ne fit gris ?! ), 1640, croisa, lors de pérégrinations diverses, la route d'un homme étrange. Étranger. Un homme qui maniait des appareils bizarres qu'il aurait eu la volonté d'appeler "diableries" ou "sorcelleries" si celles-ci ne venaient pas d'une autre époque. Toa, Hôte Moderne, tu les nommes lampe de poche et micros ; Toa Hôte Fossile, tu les nommes baladeur et tourne-disque ; lui les appréhende sous le fastueux sobriquet de "maravillas". Les appréhende, les désire et ne voit que par elles. Elles le fascinent à un point tel que le dessein de son existence change du tout au tout dès ce moment pour ne se concentrer que sur l'acquisition de telles merveilles.
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Sauf que pour cela, ce cher capitaine va devoir traiter avec l'Homme du futur, qui le charge de missions risquées voire mortelles. A l'aide de ses canons qui tirent du temps, Villon traverse de long en large les Caraïbes, change le cours de l'Histoire sans vraiment comprendre ce qu'il fait. Un coup tyran, un coup torturé, il est à l'image de son monde malmené : incertain et irréel. 
Comment peut-on se fixer lorsque la terre que l'on a sous ses pieds peut être tout autre si un petit malin joue avec les puissances de Chronos ? C'est impossible, et Villon en est la première victime, même si sa position stratégique de pion du Targui, de l'homme du futur, veut faire de lui un acteur premier de l'Expérience.
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Je ne puis en dire davantage, sans révéler les tenants et les aboutissants de la beauté de l'ouvrage.
Ce que je peux dire en revanche, c'est que happés nous sommes par ce récit, aux mailles délicatement entremêlées (comment les chapitres, moments de vie racontés par le capitaine, pourraient-ils être dans l'ordre, lorsque l'ordre du temps lui-même se retrouve malmené ?) et aux péripéties originales. En plus, le héros est presque quasiment toujours complétement saoul.
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Un apparent fouillis pour une aventure haute en couleurs (des attaques navales aux anciens rites mayas, en passant par la méthode de recrutement de vieux loups de mer, rien ne nous échappe).
Tu ajoutes des manœuvres temporelles où on y comprend pas tout, et nous voilà avec une idée en tête : et si j'y retournais ? Mais sans essayer de les suivre dans leur descente de tafia... Mal la tête moa...

25 sept. 2011

Diggy Liggy Lo

C'est juste parce que ça faisait longtemps et que ça m'amuse toujours autant...

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Diggy Liggy Lo, par Tonton Gris Gris
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Et là, c'est une reprise de cette même mélodie par les Country Sisters !
Sors moa ta plus belle chemise à carreaux, enfile tes santiags et chausse ton stetson,
et bouge ton corps !
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Pirates !

Roman d'aventures
L'Ile au Trésor
de Robert Louis Stevenson
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La Bibliothèque du Soir
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221 pages
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1990
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Crè tonerre ! Je ne sais pas pour quelle obscure raison, mais en ce moment, je suis très "marin". Peut-être parce que je suis en manque de Johnny moustachu, inconsciemment et imagement parlant...
Mais le fait est là !
Et puis j'ai pas choisi l'édition avec des mots modernes, cela aurait été beaucoup trop édulcoré ! [Oui, je dis ça parce que pas plus tard qu'hier, j'ai eu sous la main une nouvelle édition avec une très belle couverture, mais certes dès la première lecture, on sent que le public n'est pas le même.] Non pas que je ne lise que des écrits hautement intellectuels, (parce que quand ya des mots trop compliqués, moa pas tout comprendre.... Gâh gâh gaâââh !!!)
Bref.
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Donc mon édition à moi possède une couverture très moche mais une traduction très châtiée, autant en expressions qu'en injures, alors je la garde et pis c'est tout.
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L’Île au Trésor, un classique que je crois bien n'avoir jamais lu. Ou alors il y a fort fort longtemps. Et comme c'est le cas bien souvent, on se fait une idée précise des événements tout en se mettant fermement le doigt dans l’œil jusque dans l'omoplate.
Quelle idée saugrenue que de nous mettre un gamin ignorant du monde (mais certes étonnement démerde par rapport à un certain Harry Potteur...) comme héros principal ! Bon "gamin ignorant" est peut-être une expression qui ne lui convient pas, mais on ne puis dire qu'il fut toujours avisé dans ses actes et motivations.
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Premièrement, dès le départ, c'est lui qui possède la fameuse carte au trésor, celle tant recherchée, pour qui tant de vils pirates se sont fait trancher les mains, celle qui fut cause de tant de convoitises, celle qui fut l'origine du plus grand mythe d'aventure jamais couché sur le vélin. Et pourtant, au lieu de la garder bien cachée en attendant qu'il soit suffisamment grand et développé et fort et robuste et courageux et riche et respecté par deux ou trois loups de mer histoire de partir avec eux sur leur bâtiment afin de déterrer ledit trésor, ce même gamin court sans attendre chercher des adultes afin de leur soumettre son précieux document. Drôle d'idée. Heureusement qu'il n'est pas tombé sur des égoïstes finis qui l'auraient laissé de côté sans hésitation.
Non, ici, le médecin et le Chevalier l'emmènent sans discuter. La chance.
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Et puis nous voilà embarqué à bord de l'Hispaniola en compagnie du charmant coq, plus connu sous le nom de Cap'tain John Long Silver. Cap'tain, non point vraiment. Mutin dans cette affaire devrais-je dire. Enfin, vrai Pirate qui ne suit qu'une seule règle, non pas celle du Pour-Parler, qui est une règle française, les inventeurs de la mayonnaise, mais celle qui consiste à coopérer avec quiconque peut lui rapporter une bonne part du magot. Tant pis si le vent tourne, ce cher John imite la girouette à la perfection. Et tant mieux s'il peut éliminer au passage ses collègues, le magot n'en sera que plus grand. Un pirate quoi !
J'aime.
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Et pour la petite histoire, lorsqu'un groupe de flibustiers abandonne un des leurs sur une île déserte avec un pistolet et une seule balle, qui "a des airs de véritable amie" comme dirait l'autre, cela se nomme "marronner". le pauvre bougre devient donc un marron. Hihi.
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Comme quoi, on en apprend tous les jours !

28 août 2011

De Plomb en Or

L'Alchimiste
de Paulo Coelho
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Le Livre de Poche en ce qui me concerne
189 pages
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1994
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Quand Santiago, jeune berger lettré venant d'Espagne, rêvant de voyages et de félicité, croise la route d'un vieux bonhomme à la poitrine dorée, sa vie va changer du tout au tout. S'il prenait plaisir à ses évadées lyriques et aventureuses en tournant les pages de ses livres, lorsque ce vieillard, qui se dit Roi, { oui oui, Roi !!! } lui dit que tout est possible, tout est réalisable dans la vie, du moment que tu te donnes les moyens d'atteindre ton Rêve, le Vrai, le Beau, Celui pour qui tu as été façonné, Santiago décide tout plaquer pour suivre son Étoile du Berger.
Quittant ses habitudes, partant avec ses baskets et son sac à dos, sans même une carte pour se guider, il traversera la mer et l'adversité pour se retrouver dans le désert, dans l'immensité immuable et brûlante, silencieuse, majestueuse, grandiloquente et impériale. Là-bas, il sera seul face à lui-même et son Destin, et devra trouver Sagesse et Grandeur d'Ame pour atteindre son but, pour achever sa quête...
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Quête initiatique rondement menée où les paysages andalous et arabes défilent devant nos yeux conquis, L'Alchimiste devient conte philosophique où la matérialité s'efface au profit d'une ataraxie proche de la Félicité. Epicure n'a qu'a bien se tenir, puisque le vent et le désert n'ont pas attendu l'Homme pour discuter et nous faire savoir que la Nature est bien plus puissante qu'elle n'y parait, et qu'elle encore quelque chose à dire.
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"Je suis un Alchimiste parce que je suis un Alchimiste, dit-il tandis qu'ils préparaient leur repas. J'ai appris cette science de mes aïeux, qui l'avaient apprise de leurs aïeux, et ainsi de suite depuis la création du monde. En ce temps-là, toute la science du Grand Oeuvre pouvait s'écrire sur une simple émeraude. Mais les hommes n'ont pas attaché d'importance aux choses simples, et ont commencé à écrire des traités, des interprétations, des études philosophiques. Ils ont aussi commencé à prétendre qu'ils connaissaient la voie mieux que les autres.
- Qu'y avait-il d'écrit sur la Table d'Emeraude ? demanda alors le jeune homme.
L'Alchimiste entreprit alors de dessiner sur le sable, et ce travail ne lui prit pas plus de cinq minutes. Cependant qu'il dessinait, le jeune homme se souvint du vieux roi et de la place où ils s'étaient un jour rencontrés ; cela semblait remonter à des années et des années."
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Et si le Trésor Ultime que nous recherchions était tout simplement le Bonheur ?
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"C'est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante."
Dire que dans une autre vie, lorsque les murs de la Taverne étaient rougeoyants, nous disions souvent qu'il était fort possible que le Graal était le chemin qui menait à lui... En fait, je suis la Sagesse incarnée... 
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Médite là-dessus, petit scarabée...

8 août 2011

Vie de Fonctionnaire

Absolument dé-bor-dée, 
ou le paradoxe du fonctionnaire
de Zoé Shepard
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Albin Michel
301 pages
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mars 2010
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Dans un domaine nettement moins métaphysique que ce qui suit, voilà le fameux récit d'une employée de mairie qui clame haut et fort son raz-le-bol. "Comment faire les 35h en un mois", tel est le fameux bandeau rouge qu'elle se paie au passage. Que du grand et du glorieux au programme donc...
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Pourtant, avant de pouvoir se vanter d'entrer dans la sacro-sainte arène des élus territoriaux, quand on ne connait pas déjà quelqu'un qui y est confortablement installé, cela va sans dire, il faut passer par Douze Travaux Herculéens, par des concours d'écrits et d'oraux aussi inutiles que non représentatifs (mais de ceci, nous avons l'habitude) que l'on a une chance de voir la porte d'accès uniquement lorsqu'on sort de plusieurs années d'études supérieures en Science Po et compagnie. C'est du moins le cas de l'auteur. Pas une sélection pour faire les vendanges de septembre quoi !
Et si vous réussissez à taper dans l'œil du jury, ce grâce à votre verve et à votre parfaite utilisation de la "licence poétique", enfin, vous entrez dans l'arène et faites partie de la plus grosse bande d'incompétents qui trônent dans le Palais du Maire...
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Pour sûr, Zoé Shepard ne se mouche pas dans les rideaux de sa grand mère ! Elle taille et re-taille un portrait fort peu glorieux de ceux qui récoltent "les deniers publics" dans l'unique but de nous ponctionner. Parce qu'« incompétence » est un bien faible mot face à ceci. Quand on voit ce qu'on voit, on a raison de penser ce qu'on pense ! J'te l'dis comme ça vient.
Entre journées de glandouille et pause café, son temps de travail est rentabilisé par quelques moments passés à lécher les bottes de ses supérieurs et faire tout ce qui est en son pouvoir pour rectifier leurs notes de frais qui sont en réalité le prix de call girl et autres réjouissances nocturnes passées.
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Ça fait peur.
Et aussi bizarre que ça puisse paraitre, ça ne donne pas vraiment envie de bosser dans un pareil environnement, où ce sont les plus cons qui sont nommés chef de service, et où on te retire un dossier dans lequel tu t'es investi à fond pour éviter de faire passer ton maire pour le dernier des imbéciles, pour la simple et bonne raison que tu as refusé d'engagé la nièce de la cousine de la chef.
M'enfin, c'est malheureusement notre politique...
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Outre cela, une lecture qui se boit comme du petit lait, tant le langage employé est d'une beauté métaphorique surprenant.
Pas mal sur le moment, même s'il risque de passer dans ma mémoire comme une pluie de printemps sur un champs d'asperges.