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Les films...
Qu'ils nous permettent de nous évader, qu'ils nous fassent rêver, rire, pleurer ou qu'ils nous irritent au plus haut point, ils sont l'émotion à l'état pur...
Alors Moa, je veux en parler, partager et avoir ton avis, Ô Hôte Curieux !

Quant à la lecture, plaisir solitaire, je découvre peu à peu que chacun recherche quelque chose de différent en ouvrant un livre... Quoi ? Telle est la question...
Je ferai ici un compte-rendu absolument pas objectif des livres qui se sont soumis à ma pupille...

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4 sept. 2012

Sukkwan Island

Roman Dramatique
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Sukkwan Island
de David Vann
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Gallmeister
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200 pages
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2010
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*****
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Prix Médicis étranger l'année de sa sortie, ce livre est "inoubliable" et "nous entraine au cœur des ténèbres de l'âme humaine", dixit la quatrième de couv'. Et puis je n'avais entendu que du bien sur l'auteur, alors je m'a dis : pourquoi pas ? Une petite pause dans le Trône de Fer qui rentrait pas dans mon sac pour la lecture du train, soyons fous, osons les tréfonds de l'âme !!!
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C'est l'histoire d'un père qui décide d'aller vivre un an avec son fils de treize printemps sur une île perdue au beau milieu des glaces d'Alaska. On imagine bien le tableau : deux hommes perdus (Jim le père & Roy le fils) dans une cabane perdue sur une île déserte (Sukkwan de son p'tit nom), perdue et hostile où règnent les ours polaires, le froid et la neige. Un mec du continent venant les approvisionner une fois tous les six mois quand le temps est clément. Mais du saumon à volonté ! Hum, tentant n'est-il pas !?
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Jim, le père, est un looser : ses appétits sexuels l'ont poussé à tromper ses femmes encore et toujours, en résulte une vie sentimentale en lambeaux. Côté professionnel, ce n'est pas mieux : un temps dentiste, il a tout plaqué pour tenter l'aventure au Nord du Monde. Un brin dépressif, je l'ai longtemps soupçonné paranoïaque et schizophrène.
Ensuite, le môme n'était pas vraiment emballé par le voyage : normal, à cet âge là, on a d'autres préoccupations. Mais il est venu quand même, un peu pour soulager sa conscience, un peu par crainte que son père fasse une bêtise, va savoir !
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Bref, les voilà livrés à eux même. Et puis plus les jours passent, plus on se rend compte que le père ne tourne pas rond. Si le matin, il est plein d'entrain, il se met à pleurer et à se confesser la nuit. Là, on sent qu'il va se passer un truc, un truc de grave. On ne sait pas encore quoi, on imagine plein de choses, plus terribles les unes que les autres et on attend tout en le craignant l'inéluctable.
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Les journées longues et froides d'Alaska, je peux essayer de les lire sans trop m'ennuyer. Jusqu'au moment fatidique où il se passe effectivement un drame horrible qui nous tombe dessus sans prévenir. Pourtant je l'avais attendu, la scène choc, je n'ai attendu que ça, mais là, je l'ai pas vue venir. Je ne puis en dire plus au risque de tout gâcher, mais ma colère vient précisément de cette deuxième partie du roman. Dommage.
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Je peux juste dire que je ne suis pas contente. Que si la brutalité du drame n'est pas toujours forcément concevable, il devient indécent et parfaitement dégueulasse de nous conter la manière dont se décompose un cadavre. Qu'il est inutile de nous soumettre à la gratuité d'un acte délibérément violent et incompréhensible. Que l'errance finale nous essouffle et casse l'ambiance terriblement sombre du roman.
Faut-il alors y voir une métaphore ou une allégorie ? Du désespoir, de la peur ou d'une sombre morosité ?
Il n'empêche, moa ça, j'aime pas.
Un roman coup de poing, assurément ! Mais qui veut saigner du nez et avoir un œil au beurre noir juste pour le fun ?!