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Pièce Sombre :

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Salle des Archives :

Les films...
Qu'ils nous permettent de nous évader, qu'ils nous fassent rêver, rire, pleurer ou qu'ils nous irritent au plus haut point, ils sont l'émotion à l'état pur...
Alors Moa, je veux en parler, partager et avoir ton avis, Ô Hôte Curieux !

Quant à la lecture, plaisir solitaire, je découvre peu à peu que chacun recherche quelque chose de différent en ouvrant un livre... Quoi ? Telle est la question...
Je ferai ici un compte-rendu absolument pas objectif des livres qui se sont soumis à ma pupille...

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30 août 2010

Little Miss Sunshine

Little Miss Sunshine
de  Jonathan Dayton & Valerie Faris
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avec Greg Kinnear, Toni Collette, Steve Carell...
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6 septembre 2006
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Ce charmant petit film sans prétention met en scène une famille... banale (?) se lançant tête baissée dans un van tout jaune et tout pourri en quête d'un concours de beauté... Mais raconter cela comme ceci est prendre la barrique par le fond.
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Le film, il nous faut le présenter par ses personnages qui sont l'essence-même, l'arc en ciel, le panel de scintillance qui compose la bobine.
Il y a tout d'abord le père, obsédé par la gagne, et tentant désespérément de vendre son programme du winner en neuf point ; vient ensuite le grand père, vétérant des si attractives années 70, vivant par conséquent dans son monde, et qu'on vienne pas l'y rechercher ! ; nous trouvons l'oncle, professionnel suicidaire et gay de Proust, l'écrivain le plus nul au monde mais néanmoins celui qui a tout comprit et qui a tout réussi sans même y prétendre ; et puis le fils, qui a fait voeu de silence en attendant de rejoindre les Forces de l'Air ; sans oublier la fille, la Little Miss Sunshine, qui ne vit que pour gagner à un concours de beauté ; et puis il y a la mère, qui se démène comme elle peut pour maintenir la famille au rang de famille.
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Tout commence un beau jour où la miss Olive va participer à THE concours, celui qui devrait lancer sa carrière dans le milieu... S'en suit une course folle où chacun va se retrouver face à son être, ses rêves, ses actes... Sans jamais ô Grand Jamais tomber dans le ton moralisateur et un scénario tout lisse et bien édulcoré, ça rend un film complètement fou, où on oscille entre le rire et les larmes, pour finir en apothéose sur une explosion démentielle qu'on n'en attendait pas moins !
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Au final, Little Miss Sunshine est le reflet de la vie, sans héros, où les gens plus ou moins "normaux" qui composent ton quotidien deviennent peu à peu des gens extra-ordinaires, de par leur capacité à être eux...
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Moa, j'ai adoré !

Serial-killer de serial-killer

Thriller
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Ce Cher Dexter
de Jeff Lindsay
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Points Thriller
309 pages
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2005
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Celui-là, je l'ai lu suite à un petit mot de la Princesse. Et puis aussi parce que depuis que la série est sortie, je voulais absolument la voir, mais j'y ai jamais posé une pupille tellement c'est terrible ma vie...
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Autant il y avait un certain attrait à prendre connaissance de l'histoire d'un serial-killer qui travaille dans la police, qui traque uniquement ceux qui le mérite, à savoir les méchants tueurs qui ont échappés à la Justice de Miami, et qui un jour tombe sur une série de meurtre qui le fascine tellement qui prend cette histoire très à cœur, vraiment vraiment très à cœur, autant il y a un truc qui m'a gênée... Je ne dis pas, Ô Adoré qui va penser à la longue que je suis jamais satisfaite, je ne dis pas qu'il ne m'a pas fait bien rire, au début, ce détraqué qui tombe en admiration devant ces "œuvres" funéraires, je ne dis pas que j'ai un brin jubilé face à cet humour noir et ce détachement insensé qui compose la trame du récit...
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Je dis simplement que j'aurais peut-être pas dû l'enchaîner avec 1984... On ne se rend pas toujours compte de suite quand un auteur à un style magistral, ce qui est très probablement le cas de George Orwell, mais on y est confronté lorsqu'on se trouve en présence d'un auteur qui n'est pas encore écrivain. Hé oui, PetitChap avait grandement insisté sur son style relativement abominable, mais je ne m'y étais pas préparée... C'est de ma faute...
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Mais une fois passée cette grinçante gêne, Ce Cher Dexter reste un thriller divertissant, très bien pour l'été, même si on est la rentrée, faut pas croire, avec lequel on ne se prend pas la tête, sans vouloir faire un mauvais jeu de mot avec ce qui se passa avec une victime... Même si le lecteur doit être trrrrrrrès indulgent face à des détails récurrents qui personnellement m'ont saoulé au cour de la lecture. Heureusement que je voulais savoir la fin, et heureusement que les personnages sont sympathiques, parce que sinon...
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Je ne désespère pourtant pas de voir un jour la série...
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Et pour info, il existe deux autres romans en relation avec Dexter :
Le Passager Noir & Les Démons de Dexter.

Au Pays de Nulle Part

Neverland, de Marc Forster
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avec Johnny Depp, Kate Winslet, Dustin Hoffman...
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23 février 2005
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Ce n'est pas parce que c'est Johnny Johnny Jôôôôhnnyyyyy qui tient la vedette, ni même parce que c'est Monsieur Depp qui incarne le personnage principal, mais en vrai, j'ai beaucoup aimé ce film !
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Autant il a été relativement boudé par la Critique, autant je crois qu'il fait partie des films que je me lasserais jamais de voir. 
Il relate l'histoire de Sir James Matthew Barrie, homme de théâtre en relative panne d'inspiration. Ses pièces font un bide, pourtant, il est l'homme que toute société victorienne attend. Et il est bien connu que si on commence à être la risée du public, on marche en terrain miné... Jusqu'au jour où James-Johnny rencontre au parc Sylvia Llewelyn Davies et ses fils, avec lesquels il va se lier d'amitié. Si Monsieur L. Davies est mort, Sylvia ne refusera pas l'aide et l'amitié proposées par James... Mais James est marié... Tu penses bien, Ô Hôte Assidu, que dans la société de l'époque, il est quelque peu de mauvais goût de passer tout son temps avec une veuve et ses fils ! Grand Dieu, surtout ses fils ! Mais James n'en a cure, il ne pense pas à mal, et ces enfants-là, heurtés si jeunes par la Grande Faucheuse, vont devenir les enfants imaginaires...
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Tout en poésie, tout en finesse, on passe du monde réel au monde imaginaire, celui fabriqué par ce grand enfant au contact de ces gamins super bien élevés.
C'est magique, tout simplement.
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Même ce gamin qu'en général je ne supporte pas beaucoup, celui de Charlie et la Chocolaterie, oui, encore lui ! en arrive à être touchant. On s'arrête juste avant de tomber dans le mélodrame larmoyant, et ça m'empêche pas d'être à deux doigts de larmichoner comme une baleine devant autant de justesse.
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Chacun le sait, la réalité est cruelle ; voilà pourquoi le Pays Imaginaire, de Nulle Part, ou Neverland, refuge sucré et coloré, doux, joyeux et magique ne peut qu'avoir un impact saisissant... frappant...
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C'est bô...
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Tiens, faudra que je le relise, Peter Pan !

20 août 2010

1984

Roman de SF
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1984
de George Orwell
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Folio Gallimard
408 pages
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1972
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"Et ben profites en parce que figures toa qu'en 1984, tu rigoleras moins en disant ça !!!"
Telle est le genre de phrase que je me surprends à dire parfois, quand un être humain ose franchir les limites de l'esprit... M'en fous si 1984 est une date passée, ce n'est qu'un chiffre après tout, et personne n'était présent en 1 après Jean Christophe pour nous assurer avec assurance qu'on a bien passé 2009 jours de l'an sous les cotillons à s'embrasser langoureusement sous le gui et à tchiner avec des cocktails somme tout super bons surtout le cinquième ! Ce n'est qu'un chiffre, un numéro... Peut-être qu'on en a réellement vécu que 2.
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Et puis Big Brother vous regarde qu'il disait !
Ça, on le sait. Mais on ne savait pas que la pensée même était espionnée. Quand Inception modifie dès le rêve tes désirs les plus profonds, Big Brother lui, abolit directement les germes de pensée qui pourrait le contrarier.
Dans un monde où il est dangereux d'être, dans un monde absolument inouï tellement qu'il est Contrôle Absolu, mince, même V pour Vendetta c'est de la rigolade à côté !
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C'est simple, en 1984, tout sera dirigé pour toa, ça a dû commencer par une aide ménagère, on en a fini ainsi... Tu n'es plus maître de rien, ni de ta vie, ni de ton travail, et encore moins de tes amours... Et là tu te dis que même si tu obéis, brebis de Panurge que tu es, pour sauver ta vie, on sait de quoi ils sont capables !, tu te lèveras contre le système dans ta tête, tu tenteras un jour de faire comme dans les films et rejoindre la Résistance et dans ta tête tu renverseras le gouvernement. 
Hin hin hin, Ô Fragile Petit Hôte... Comme tu es charmant... Il est touchant même de voir à quel point tu es naïf ! Un être anarchiste dans sa tête est un être mort... Non c'est faux ; il est un être qui n'existe pas, et qui n'a jamais existé !
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Un petit extrait concernant ce nouveau vocabulaire qui tend à être officiel :
« Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? A la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n'y aura plus de mots pour l'exprimer. Tous les concepts nécessaires seront exprimés chacun exactement par un seul mot dont le sens sera rigoureusement délimité. Toutes les significations subsidiaires seront supprimées et oubliées. » p74
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Et là, là je ne dis pas qui parle...

« Vous devez cesser de vous imaginer que la postérité vous vengera, Winston. La postérité n'entendra jamais parler de vous. Vous serez gazéifié et versé dans la stratosphère. Rien ne restera de vous, pas un nom sur un registre, pas un souvenir dans un cerveau vivant. Vous serez annihilé, dans le passé comme dans le futur. Vous n'aurez jamais existé. » p336
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En arrivant au point final de ce livre, je n'avais qu'un seul mot en bouche : effrayant...
Si je n'adhère pas à un pareil monde pour notre futur, force est de constater que certaines choses peuvent arriver, et que ma foi, tout ceci est fort bien écrit...
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10 août 2010

Contôle Onirique

Inception, de Christopher Nolan
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avec Leonardo DiCaprio, Ellen Page,  Cillian Murphy, Marion Cotillard...
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21 juillet 2010  
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Y a des fois où je me dis que je suis faible... Suffit qu'un film fasse grandement parler de lui et moa j'y vais... Suffit qu'on l'annonce et le juge comme la plus grande claque de 2010 et moa je fonce... Oui mais là, j'avoue que le sujet m'intriguait un brin, et que je n'étais pas que brebis de Panurge... Hé ben voui ! On parle de science des rêves, de manipulation de la pensée intra-rêve alors forcément aussi !
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En effet, le p'tit Léo qui a bien grandit se retrouve être un des meilleurs extracteurs pour pénétrer dans les rêves des gens, là où toutes nos idées se forment et influent sur notre existence... Inconsciemment... Son métier est de piquer ces renseignements. Jusqu'au jour où, trainant un lourd passé familial ( tiens donc ! ) il se voit quasiment obligé d'accepter un marché qui est non plus de piquer une idée, mais d'en implanter une ! C'est l'inception. Travail périlleux, car le cerveau n'est pas aussi malléable qu'il n'y parait. Nous voilà donc entrant dans un rêve imbriqué dans un rêve imbriqué dans un rêve imbriqué dans un rêve, etc. L'idée est séduisante.
Je crains de ne pouvoir ajouter autre chose à cette intrigue complexe sans balancer la fin !
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Quoique, la fin, tu t'en doutes Ô Perspicace Hôte, avec un sujet pareil, qu'elle ne peut être qu'ambiguë.
Et c'est là que le bât blesse... baisse... pêche... Enfin, c'est là que ça va encore me faire m'aigrir. Pas maigrir, juste aigrir. Parce que certes, le doute est là, face à cette dernière image on ne peut plus prévisible : est-on dans un rêve ou dans la réalité? Forcément. Mais le truc, c'est que ça m'est égal... Qu'on soit dans l'un ou dans l'autre, j'avoue que cela ne me fait rien.
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Pourtant, à quel point j'ai hurlé à la lune devant nombre d'injustices cinématographiques, mais ici, c'est tellement évident que ça ne fait ni chaud ni froid.
Le vice aurait été, pour une soit-disant plus grande claque du cinéma de 2010, de nous faire TOUT remettre en cause, du début à la fin. Le vice tragique aurait été de nous donner, à nous spectateur, le sentiment d'avoir été manipulé sur toute la ligne, le vice insupportable aurait été de nous laisser ronger les accoudoirs avec une idée simple en tête : Léo a-t-il réellement vécu tout ça ?
Mais non.
Nous sommes face à une simple et grosse ficelle de toupie... Qui n'est pas si dérangeante.
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Il n'y a rien d'autre à chercher. Chacun aura son avis personnel, et il n'y aura rien d'autre à expliquer, parce que finalement, il n'y a rien à en dire, aucune vérité n'y est présente...
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Au moins, avec Matrix, comparaison qui me parait évidente quand on voit le fond du sujet et la mise en scène, et l'architecte, on était perdu à la fin. Et c'était rageant. Au moins, avec le Prestige, on se disait qu'on s'était bien fait avoir, et on ne pouvait que le visionner une nouvelle fois afin de tout remettre dans l'ordre. Ici, j'avoue que non...
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 Cela dit, Inception reste un très bon film, mais qui ne mérite peut-être pas tous les superlatifs qu'on lui attribue. Parce que je m'énerve sur le final là, mais il y a beaucoup de bonnes choses. Les effets spéciaux par exemple, sont excessivement bien fait ! Avec une scène de castagne dans un hôtel carrément jouissive, avec un p'tit mec gominé carrément j... Presque jouissif. Ou le Paris revisité en direct live... Du jamais vu au cinéma !
Et cette histoire de rêve promettait beaucoup de choses... Peut-être de trop. Christopher Nolan aurait pu faire beaucoup plus de choses avec son film. Ne cessant de répéter que la chose la plus tenace et la plus puissante dans la vie, ce sont les idées, il aurait pu distiller davantage de pistes et d'idées justement pour nous troubler.
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C'est dommage. 
Je vais le considérer comme un premier jet. On le refait, et j'y retourne !
Ah, et dans le remake, on ne prend pas la française ! Avec ses yeux globuleux, elle est insupportable !

9 août 2010

L'Ecume des Jours

Roman "classique", surréaliste
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L'Écume des Jours
de Boris Vian
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Le Livre de Poche
315 pages
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Edition : 30 mai 2007
Première publication : 1947
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Comment choisir du Vian, au milieu de toutes ses œuvres ?
Moa j'ai regardé les titres, et histoire de dire que j'étais absolument pas dégoutée de l'homme après la lecture houleuse précédente, j'ai prit le titre qui me paraissait le plus poétique... Qui plus est, le résumé disait que c'était la plus belle histoire d'amour jamais contée, alors des fois, comme on a besoin de voir comment les autres se démerdent, ou se démènent, dans leurs Amours, je m'ai lancée! 
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L'Écume des jours... 
Enfin, il a une écriture spéciale, Boris. On aime ou on aime pas. On adore ou on déteste. Et moa je me disais que j'étais incapable de dire si j'aimais ou non ce que je lisais, comme J'irai cracher sur vos tombes d'ailleurs. Déconcertée j'étais, mais incapable de laisser le livre sur bas-côté sans en avoir lu l'entièreté jusqu'à ses dernières miettes. Étrange comme sensation.
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Parce que tout y est symbole, tout y est image.
Y est retranscrit une histoire d'amour, un amour plus fort que la mort, plus fort que la vie.
On suit les aventures de quatre jeunes gens, se foutant pas mal du monde extérieur, de la société, des gens, de l'argent, de la politique, du travail. Ils sont là, tantôt sur leurs patins à glace, tantôt jouant de cette merveilleuse et sensationnelle invention qu'est le pianocktail ( d'ailleurs, je pense investir dans cette machine pour la mettre dans ce coin là, je suis sûre que tu en aurais une fabuleuse utilisation ! ) jusqu'au moment où la passion dévastatrice et obsessionnelle de Chick pour Jean-Sol Partre mène à la folie, jusqu'au moment où Chloé tombe malade... Un nénuphar poussant dans son poumon, il n'y a guère moyen de lui permettre de moins souffrir qu'en lui offrant des fleurs... Serait-ce suffisant ? Quand l'eau, symbole de la vie, amène la mort...
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Bercés au son de Duke Ellington, nous assistons impuissants à cette maison qui entre en deuil. Littéralement, le monde de Colin s'écroule, ses appartements rétrécissent, et le lecteur ne peut que ressentir cette asphyxie qui gagne le cœur du héros. Héros... Personnage malmené par les mots comme le serait le premier être vivant que tu croises dans la rue serait plus juste.
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Ce qui donne un roman bien trop complet et complexe pour pouvoir le résumer en sa totalité en une seule traite. 
Il est poétique, il est symbolique, il est terriblement vrai, il est tout en sensations, il est grand, c'est tout.  

J'irai cracher sur vos tombes

Je remet ici sans y toucher l'ancien avis que j'avais eu sur la chose, Ô Adoré, parce que le modifier alors que je ne l'ai po relu et en ayant emmagasiné tes remarques serait tout juste un travail de faussaire, m'est avis...
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Littérature "classique", surréaliste...
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J'irai cracher sur vos tombes
de Boris Vian
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Le Livre de Poche
219 pages
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Edition : 1er mars 1997
Première publication 1946
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Vernon Sullivan, enfant terrible, disait une Princesse
Tu m’étonnes ! De Boris Vian, je ne connaissais point grand-chose, que veux-tu, Ô Hôte Littéraire, je suis une inculte ! Et puis, la miss au Chaperon a éveillé ma curiosité en décrivant J’irai cracher sur vos tombes.
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Je ne vais pas redire ce qui a été dit, et parfaitement dit ailleurs , j’ajouterais juste mon avis.
Ce livre est choquant. La censure dont il fut victime se comprend, même si elle ne s’explique pas. Je dis ça, non pour faire l’apologie de l’interdiction littéraire, ce qui est idiot et inutile, mais simplement pour tenter d’expliquer ce qui pousse à interdire… Ici, c’est clairement le sujet, et la manière de présenter le sujet… Ce qui fait beaucoup à vrai dire…
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C’est l’histoire d’une vengeance et de racisme sur fond de parties de sexe débridées et… n’ayons pas peur des mots, malsaines.
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Un récit à la première personne ; pour qu’on s’identifie au narrateur ? Sûrement pas ! Il est rongé par la vendetta, le bougre ! On aurait pu le comprendre, vu les circonstances qui ont jalonné sa vie, et quand on connait l’Histoire des Noirs… On aurait pu comprendre... Mais la souffrance endurée n’excuse pas tout… Navrée de le dire… Qu’il s’en prenne aux véritables auteurs de son malheur ! Et qu’on ne vienne pas me dire que les deux filles sur lesquelles il a jeté son dévolu étaient des actrices principales du Ku Klux Klan !
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Lee Anderson est parfaitement méprisable.
Il est fou, obsédé par la mort.
Et si froid dans son récit !
La mise à mort de Lou m’a limite fait mal au ventre. Pas besoin d’avoir l’imagination fertile pour se faire une idée précise de la scène. Une scène atroce.
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Alors, certes, J’irai cracher sur vos tombes est un livre dérangeant. Pourtant, je ne suis pas puritaine !
Je ne peux pas dire si j’ai aimé ou non, parce que ce qui y est transcrit n’a rien d’éclatant… En vérité, si je veux du dépravé, je préfère Dorian Gray… Lui aborde la noirceur de l’âme sous un angle différent, que j’aurais davantage tendance à accepter, à comprendre même…
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Cela dit, ce qui est certain, c’est que ce récit fait parti de la culture littéraire… Même s’il est ( parce qu’il est ? ) pornographique, malsain, sordide, violent.
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J’irai cracher sur vos tombes,
à lire juste pour voir,
interdit aux moins de 16 ans !
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Et comme je suis sympa comme fille, je te laisse avec tes propres mots, histoire de tout comprendre de notre subtilité, quand on veut :
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Et la Princesse disait : Je crois que si tu estimes (à juste titre) que Lee Anderson est méprisable, Boris Vian a réussi son bouquin...
Il faut quand même remettre les choses dans leur contexte. Le bouquin était un pari, il a été écrit en deux semaines à peine, et devait être dans la lignée des romans noirs américains des années 30 ou 40 ; Vian en était un super fan. Je ne crois pas qu'il faille le prendre au pied de la lettre. Il faut y voir la patte de Vian, l'humour noir (bien noir), la malice et le cynisme...
Et puis on ne peut décemment pas comparer Lee Anderson et Dorian Gray. Ils n'ont rien à voir... Ils n'appartiennent ni à la même époque, ni au même monde... Et Vian et Wilde ne visaient absolument pas le même "objectif" en écrivant ces bouquins. Lee Anderson est un violent qui se venge froidement des humiliations subies par les membres de sa famille ; Dorian Gray est un dandy égocentrique dont la plus grande hantise est de vieillir. Il n'y a aucun lien entre les deux personnages, de mon point de vue. Et ces deux ouvrages sont des bijoux...
J'irai cracher sur vos tombes est violent et pornographique... Il n'empêche que c'est, à mon sens, un chef-d'oeuvre de la littérature française...
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Et Moa je répondis que : Alors Boris Vian a réussi son bouquin ! ;)
Certes, tu as parfaitement raison, Dorian Gray et Lee Anderson ne sont pas comparables... Je ne sais même pas pourquoi le nom du plus bô gosse de l'Angleterre m'est viendu...
Ah si ! Parce que je parlais de dépravation ! Autrement, aucun rapport. héhé
Mais tu parles d'humour noir !!! Oh, je ne l'ai alors point senti... L'humour noir c'est quand... quand l'auteur des méfaits est indélicat... pas doué... et nous parait au final comme pas si monstrueux que ses actes, si terribles soient-ils, nous laissent l'entendre ! L'humour noir, c'est quand une situation affreuse devient décalée...
L'humour noir, c'est Tarantino.
Là, j'ai pas vraiment eu envie de rire face à Lou agonisant, ni face aux frasques erotiques et irrespectueuses du narrateur...
Après, ce ne sont pas ces arguments qui peuvent me faire dire si c'est ou non un bon livre ; au contraire : si j'en arrive à être écoeurée à cause de simples mots mis bout à bout, ça démontre un très beau travail, une oeuvre aboutie.
Hey voui, je ne mélange pas sentiments et jugement, faut pas croire ! :-D
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Et Emil ajouta son grain de sel : C'est parce que tu étais trop jeune quand le livre est paru ! En ce temps là, il y avait des choses qu'il n'était pas bon de dire. mais certains, comme Boris Vian, pensaient qu'il fallait ne pas y aller de main morte pour que les choses changent. Mais ça a pris du temps !!!!
Emil Antic from ...
Emil from (http://emitsigilu.blogourt.fr )
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Chose sur laquelle la Princesse rebondit : Merci Emil (ou Tsitsi)... Je crois effectivement que, outre la trame du bouquin, il faut remettre les choses dans leur contexte...
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Puis Siena est venue nous dire un truc : J'avais réagi comme toi, et puis on m'a expliqué... qu'il fallait remettre les choses dans leur contexte... 
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Fin de citations...

5 août 2010

Le Fils de Rambo

Son Of Rambow, de Garth Jennings
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avec Bill Milner, Will Poulter, Jules Sitruk…
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Année de production : 2007
Sortie DVD : 2009
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L’autre jour, je tombais sur une parole de Depardiou, Gérard de son nominatif prénom, qui résumait le Cinéma, alias 7è art, laquelle était : « Je travaille dans une branche peuplée de cons, qui est dirigée par le fric. » [ « Et moi j’essaie de me faire une place là-dedans », fin de citation certes approximative, mais le sens y est. ] Et alors j’étais devant la petite lucarne, bien impuissante devant l’affreuse évidence : c’est triste, mais c’est vrai. Mais c’est triste quand même, qu’on en arrive à résumer le cinématographe, autrefois magie et génie, à l’argent et à la bétise humaine.
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C’est triste et effectif… Sauf exceptions, heureusement, qui échappent à ce carcan dévastateur et nous offrent une petite pépite.
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Ici, je voudrais parler de Son Of Rambow, qui n’est pas exceptionnel en soi, mais qui a l’avantage de faire l’apologie de son art, gentillement, sans prétention aucune et qui a eu pour effet de me faire sourire béatement pendant quelques minutes après générique.
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Il s’agit de l’épopée de Will qui, élevé au sein d’une communauté religieuse très stricte, n’a point guère le droit de poser sa pupille juvénile sur la petite lucarne ni même sur la grande Sacro-Sainte Toile. Il faut comprendre que Will, il est encore plus mignon et fragile que le faux-cul de Charlie mettant les pieds dans la Chocolaterie ! Et quand il entre en contact avec le garçon le plus turbulent de sa classe, et que celui-ci lui fait voir Rambo, le film, le vrai, c’est le choc pour le mini et frêle Will. Aussi bien choc esthétique qu’authentique ! Dès lors, amoureux aussi bien du personnage musclé et huileux que de la pellicule, il décide de créer son propre film, la suite, d’où : Le Fils de Rambo… D’abord réticent, son copain tout neuf va se joindre à lui pour mener cette entreprise à bien. S’ajoutent ensuite des personnages loufoques & attachants qui vont apporter leur grain d’imagination et de moyens afin de donner vie à l’histoire filmée dont tout amoureux du Septième Art rêve en secret.
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La petite troupe déchainée mise en route, plus rien de les arrête ! Cela donne un petit film candide tout mignon, avec ses bonnes tranches de rire et de gaffes. Et aussi et surtout de réalisation d’un film amateur !!! Parce que l’imagination n’a pas de limite, la création est infinie. 
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Si j’étais réticente en lisant le synopsis, j’avoue avoir été trrrrès agréablement surprise, Ô Hôte Cinéphile, et je ne puis que te pousser à te faire acquérir cette jolie déclaration d’amour au cinéma, de quelque moyen que ce soit. 
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Jamais sorti en salle, ce qui donne raison à mon entrée en matière, je persiste à croire que malgré les batons qu’on met dans les roues de ces films à petit budget, il y aura encore quelques spectateurs préférant ces pépites aux cartons annoncés et décevants genre AVATAR et compagnie...