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Pièce Sombre :

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Salle des Archives :

Les films...
Qu'ils nous permettent de nous évader, qu'ils nous fassent rêver, rire, pleurer ou qu'ils nous irritent au plus haut point, ils sont l'émotion à l'état pur...
Alors Moa, je veux en parler, partager et avoir ton avis, Ô Hôte Curieux !

Quant à la lecture, plaisir solitaire, je découvre peu à peu que chacun recherche quelque chose de différent en ouvrant un livre... Quoi ? Telle est la question...
Je ferai ici un compte-rendu absolument pas objectif des livres qui se sont soumis à ma pupille...

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5 mars 2014

Traffic de Bleue

Breaking Bad

Créée par Vince Gilligan

avec Bryan Cranston, Aaron Paul, Anna Gunn...

5 saisons
 
2008


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Eh ben, voilà une série qui serait bien capable de me réconcilier avec elles... (rapport à Lost... tu sais... bref !) même si elle est horrible...
Enfin, je ne vais pas pouvoir en causer sans spoiler, parce que non seulement les spoiler sont maladifs chez moi, mais aussi parce que là, ne rien dire ne servirait à rien, parce que je ne pourrais exprimer mon ressenti, et à ce compte-là, autant ne rien dire du tout.

Attention Chef d’œuvre !

Tout commence le jour des 40 ans de Walter White, un prof de chimie éminemment intelligent un brin effacé, où il découvre avoir un cancer des poumons... A un stade très avancé... Fatal même. Sa famille n'est pas spécialement dans le besoin, mais ne roule pas sur l'or non plus : la preuve en est qu'il doit se ruiner la santé à faire un deuxième boulot pour payer les factures. Sa femme a arrêté de travailler, cause bébé en attente. Son ado est malade. Walter décide alors de récolter de l'argent, beaucoup d'argent, afin de mettre sa famille à l'abri quand il sera mort.
Voilà, le décor est planté, et n'a rien de réjouissant.

 Il renoue avec Jesse, un de ses anciens élèves, un cancre trop choupi mais un peu crétin qui deal de l'herbe à ses heures perdues : à eux deux, ils vont produire des méthamphétamines. C'est que ça se vend comme des petits pains ces petites choses ! Et Walt connait la chimie, il sait de quoi il cause.

Commence l'aventure la plus importante de leurs vies, car on ne se met pas sur le marché du cristal sans se heurter au cartel et aux mexicains à la gâchette facile. Ah oui, et je t'ai dis que son beau-frère était agent des Stup ? Histoire de corser la chose.

{ SPOILER SPOILER SPOILER SPOILER SPOILER SPOILER SPOILER}
 
Sauf que Walter, qui s'est toujours écrasé dans sa vie, pliant l'échine devant tout le monde, a décidé qu'il valait mieux que ça, et toute sa rancœur, ses frustations jusqu'alors enfouies au plus profond de son être vont ressortir de la manière la plus abjecte, la plus violente, la plus concentrée possible.
Walter est intelligent, c'est ce qui fait sa dangerosité. Il n'agit pas en fonçant tête baissée dès que quelque chose va se travers (comme le ferait Jesse, qui est jeune et insouciant), mais va y penser... et le régler.

Leur parcours est le symbole de leur évolution, toujours tiraillée entre le désir de sortir la tête de l'eau et celui de plonger davantage dans la noirceur qui ne demande qu'à s'échapper de leurs entrailles. Le pouvoir rend fou, c'est un fait établi. Mais Breaking Bad nous démontre cet adage dans un réalisme puissamment furieux, campant des personnages forts et scindés en deux, des quidams qui sont confrontés à la brutalité du monde. Et là, je ne parle pas que de l'univers de la drogue, mais aussi de leurs sentiments, de leur détresse et de tout ce qu'ils peuvent engendrer.
Je crois que ce serait un exemple parfait pour disserter pendant des heures au sujet de l’Être Humain, et de la société décadente dans laquelle nous vivons. Une société qui attend de nous certains devoirs, certains comportements, nous obligeant à emprisonner ce guerrier sanguinaire assoiffé de vengeance que fut notre viking d’ancêtre, et qui pourtant fait partie de nous.

C'était à la fois impertinent et ingénieux, enragé et terrible, effroyable et prestigieux.

Breaking Bad, ou la plus grande claque dans la gueule télévisuelle que j'ai jamais eue. La preuve, je n'ai jamais autant pleuré devant une saison ni autant craint les épisodes qui allaient suivre (même pour Game Of Thrones, ce ne fut pas aussi violent). Et pourtant, cette série fut ma drogue pendant un laps de temps important...
Magistral !

Décadence Viennoise

Littérature Historico-Aventureuse


L'Incroyable Histoire de Wheeler Burden,
 de Selden Edwards

Cherche Midi

Janvier 2014

650 pages


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Et si vous vous retrouviez propulsé 100 ans dans le passé, à un moment crucial de l'Histoire, seriez-vous prêt à changer l'avenir, et donc à risquer de détruire le monde dans lequel vous êtes nés ? En a-t-on seulement le pouvoir ? C'est la question qui est posée à Wheeler Burden, fière et décadente star du rock qui déteste passer inaperçu.

Tu me connais, Cher Hôte, les voyages dans le temps sont un de mes sujets de prédilection ! Alors dès que je peux, je m'y colle, en ayant l'espoir de trouver une aventure digne de ce nom. Et ce roman était assez original pour prétendre au titre de voyage fantasmé : un homme, en la personne de Wheeler, expansif et grande gueule, icône rock des années 80 se retrouve du jour au lendemain envoyé en 1880 à Vienne. Pourquoi cette date et ce lieu ? C'est ce qu'il va tenter de découvrir, en arpentant la ville faste et flamboyante. Il y fera des rencontres étonnantes (il va se confier à Freud, prenant de ce fait le risque de modifier un des fondements de la psychanalyse moderne), instructives (son père s'est également retrouvé là où il n'aurait pas du) ou dangereuses (et si Adolf Hitler, alors âgé de 8 ans, vivait à quelques pas de lui ?). 

On s'en sort avec une histoire riche, remplie de références culturelles et scientifiques, et de réflexions temporelles qui feraient presque mal au crâne si on y pense de trop, mais il est tellement agréable de se triturer les méninges avec elles !... *air amoureux dans le vague*

Wheeler se rend alors compte qu'il avait peut-être besoin de ce voyage dans le passé pour se comprendre lui-même, ses origines, sa famille qu'il ne connait que très peu ; que ce voyage était nécessaire pour qu'il se construise. A moins que le Temps ne puisse se contrôler, et qu'il fait de nous ses marionnettes, pour ajouter un peu de piment à son existence cyclique... Va savoir ! ;)

Conspiration Scientifique

 Roman dramatique




Deux Secondes de trop
de Rachel Joyce

XO Éditions

février 2014

370 pages



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En fait, j'ai voulu lire ce livre juste parce que je trouvais que la couverture était très belle (et aussi accessoirement parce que ça parlait de secondes en trop... On ne se refait pas ! hihi)
C'est l'histoire de Byron, 11 ans, "qui apprend un jour de son meilleur ami que 2 secondes vont être ajoutées au temps, afin de faire coïncider l'heure officielle avec la rotation réelle de la Terre." Sauf que dès qu'il apprend cette nouvelle, Byron s'inquiète : on ne devrait pas jouer avec le temps, ça ne peut que finir mal. (Comme quoi, même en étant si jeune, on peut ressentir, ou pressentir, des choses fondamentalement vraies sans forcément avoir les mots ni les explications pour les expliquer.)
Au moment fatidique, lorsque Byron voit sur sa montre l'aiguille des secondes reculer, il insiste pour montrer le phénomène à sa mère, au volant... C'est là que drame survient. La collision est inévitable, une petite fille a été renversée, et c'est à ce moment que leurs vies basculent...

Nous arpentons le récit à travers les yeux (et la tête) de ce petit garçon, qui ne comprend pas tout autour de lui, les conversations des grands lui échappent parfois, mais qui met un point d'honneur à décortiquer, analyser, expliquer les événements d'une manière scientifique, il n'y a que comme ça qu'il pourra comprendre et aider sa mère. Car il veut plus que tout protéger sa mère (de son père rigide, de la police, si elle apprenait l'accident, de cette ombre qui s'est installée depuis peu sur le visage si joyeux de celle qu'il idéalise et qu'il chérit...) Avec son ami James, ils vont élaborer un plan d'action, afin de la sortir de cette panade et lui rendre son sourire. Mais œuvrer dans une maison où chaque chose doit être à sa place, où on doit sauver les apparences (par rapport aux voisins, aux connaissances) au détriment de son bonheur n'est pas chose aisée...

Ça nous donne un joli roman sur la destinée incertaine du commun des mortels. Analyser le quotidien bourgeois et guindé d'une aristocratie nouvelle à travers les yeux d'un enfant est une manière de dédramatiser les conventions sociales mais aussi d'apporter beaucoup de fraicheur à ce roman bouleversant.

3 mars 2014

Le hamster qui se prenait pour un homme

Jack et la mécanique du cœur

par Stephane Berla & Mathias Malzieu

avec Mathias Malzieu, Olivia Ruiz, Grand Corps Malade...

5 fev 2014


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A chaque album son livre, et à son livre son film (en tout cas, pour ce conte là, ce fut l'avancée logique et attendue).
L'histoire de Jack, qui est né le jour le plus froid du monde. Son cœur, tout gelé, fut remplacé par une horloge. Dès lors, sa vie devra tourner autour de 3 règles absolues :
1/ Ne pas toucher à ses aiguilles
2/ Maitriser sa colère
3/ Ne jamais Ô Grand Jamais il ne devra tomber amoureux.

Sauf que Jack, quand il rencontre la jolie Miss Acacia, du haut de leurs dizaines d'années, ne maitrise rien du tout ! Le cœur a ses raisons que la raison ignore... Oubliant les règles et les devoirs, faisant fi de la prudence, il va tout quitter pour la retrouver, elle qui a du s'enfuir vers le sud. Accompagné d'un certain Georges Meliès et de son cinématographe, il traversera l'Europe, rencontrera une troupe de "monstres de foire", pour tenter de conquérir le cœur de sa belle.
J'en avais parlé ici, l'histoire reste la même. D'ailleurs, c'est ça qui est bien quand l'auteur du livre réalise le film : l'adaptation est parfaite.^^

Influencé par Tim Burton (à n'en pas douter) pour ses personnages, et l'esthétique général du film, j'aime ! Dans une ambiance mi-gothique mi-freaks, nous arpentons le monde pour suivre une histoire d'AmuUur avec un grand A, pour profiter de la vie, pour se laisser aller à ses rêves et désirs les plus fous.

C'est donc un joli petit film que nous avons là, avec une bande son portée par la voix de ce cher Mathias, et ça, c'est bien. 
Seul bémol : ils n'ont pas osé nous mettre la chanson du hamster, je me demande pourquoi... :P