.

Pièce Sombre :

.

Salle des Archives :

Les films...
Qu'ils nous permettent de nous évader, qu'ils nous fassent rêver, rire, pleurer ou qu'ils nous irritent au plus haut point, ils sont l'émotion à l'état pur...
Alors Moa, je veux en parler, partager et avoir ton avis, Ô Hôte Curieux !

Quant à la lecture, plaisir solitaire, je découvre peu à peu que chacun recherche quelque chose de différent en ouvrant un livre... Quoi ? Telle est la question...
Je ferai ici un compte-rendu absolument pas objectif des livres qui se sont soumis à ma pupille...

.

17 janv. 2014

Désolation, oui...

 Pour fêter la nouvelle année, et, dans l'espoir de tenir ma bonne résolution de dépoussiérer cette taverne, commençons par gueuler un peu...

*****

Le Hobbit, la Désolation de Smaug
par Peter Jackson

avec Martin Freeman, Richard Armitage, Ian McKellen...

11 dec 2013

*****

Une question se pose donc : comment, honnêtement, je me pose la question, comment peut-on avoir créé Le Chef-d’œuvre, avoir réussi à filmer l'extase et la perfection cinématographique, avoir donné vie à la fantasy sur la Grande Toile avec un tel souffle épique et majestueux, comment peut-on dénaturer à ce point ce qui a conditionné pendant si longtemps sa vie ?
L'argent me diras-tu. Et à ce stade, je pense que tu as bien raison, et cela m'attriste à un point tel que tu ne peux l'imaginer...

Ce n'est pas le fait que le Hobbit soit une trilogie en soi qui est désespérant, c'est que pour donner de la matière à une trilogie, il faut avoir des choses à raconter. Et là, le film pèche. 

Il n'y a plus rien de féérie, tout est devenu vaine ambition... ou plutôt bas clichés à vomir.
Je ne sais même pas par où commencer. Peter Jackson a fait un film d'aventure, où pas un pet de silence ni de temps mort ne vient souffrir sa machine infernale. De l'action, il y en a à la pelle. Je m'attendais presque à voir débarquer Vin Diesel et ses gros bras pour faire péter la forêt des Elfes. Ah ben non, niveau Rambo-attitude, on a déjà Légolas qui est deviendu un être abject qui préfère partir en pseudo-vendetta pour tuer tous les orques de la planète, pour un amour perdu en la personne d'une rousse qui doit avoir mal au dos à force de bomber le torse, même qu'elle n'existe même pas dans l'univers de Tolkien.

Alors là, pour faire durer le film, il y a du monde pour inventer des scènes cul-cul la praline (le pseudo amour entre l'elfe et le nain, ridicule, niaiseux à pleurer), mais pour reproduire les scènes du livre, il n'y a plus personne ! Je pense au passage avec Béorn, ici présenté comme un vieil ours esclave qui déteste tout le monde alors qu'il n'en est rien, à la manière hollywoodesque qu'on eue les nains pour investir un lieu qui n'aurait pas du être violé de la sorte, et à la soirée passée en compagnie des vaches alors qu'elle aurait dû être remplie de rire et d'histoires racontées au coin du feu. Pourquoi avoir changé cela ? Il n'y a aucune raison.
Je pense également au passage dans la forêt enchantée, qui n'a de fidèle que les araignées tueuses. Mais là encore, ce fut une scène ingérable, où toute magie s'est évanouie. Qu'en est-il de l'eau de la rivière qu'il ne fallait pas boire, au risque de perdre Bombur et de devoir le trainer alors qu'il est très lourd ? Qu'en est-il de la vision d'un banquet elfique où fête, chants et danses sont au rendez-vous, puis disparait, comme si ce n'était qu'une vision de l'esprit, acte mental, mirage féerique ? 
Pourquoi encombrer le spectateur d'actes magiques me diras-tu ? On est en présence d'un film d'action, pas de fantasme... Non, on préfère passer 30 minutes à tenter de comprendre le combat personnel des elfes roux contre des gobelins vilains pas beaux et très méchants.

Une succession d'aventures périlleuses qui tient plus du jeu vidéo que du cinéma. La descente dans les tonneaux devient une bataille où éviter les flèches rapporte plus de points au compteur, où la ville de Dale est régie par un pseudo-monarque tiré d'un vieux téléfilm de Noël retraçant le XIVe siècle en Biélorussie, où le sauveur de l'humanité qui est très lié par son passé doit tuer Smaug avec la seule flèche qui a survécu au désastre qui a mené sa famille à l'opprobre publique (mon Dieu, on tremble, va-t-il réussir là où son père a échoué ? Le suspense est intenable !!!!)... Bien évidemment, on arrive à la confrontation finale avec le dragon, qui est peut-être la seule chose de réussie dans le film. Mais bavard comme il est, ça ne pouvait que durer 3 plombes, et du coup, notre Bilbo international ne craint plus trop pour sa liquette, surtout que remettre en route des machines qui n'ont pas servies depuis 3000 ans est un jeu d'enfant. Quant à ce final où l'or fond pour recouvrir la mine... Aussi bien horrible visuellement qu'intellectuellement.
Même les décors naturels ont cédé la place aux retouches en images de synthèse : la preuve en est de ce vert fluo qui recouvre les Terres du Milieu !

Non, décidément, je suis bien d'accord avec la dernière phrase du film qui devrait, je l'espère, hanter Peter : "mais qu'avons-nous fait ?"...