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Les films...
Qu'ils nous permettent de nous évader, qu'ils nous fassent rêver, rire, pleurer ou qu'ils nous irritent au plus haut point, ils sont l'émotion à l'état pur...
Alors Moa, je veux en parler, partager et avoir ton avis, Ô Hôte Curieux !

Quant à la lecture, plaisir solitaire, je découvre peu à peu que chacun recherche quelque chose de différent en ouvrant un livre... Quoi ? Telle est la question...
Je ferai ici un compte-rendu absolument pas objectif des livres qui se sont soumis à ma pupille...

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18 mai 2010

Les Heures

The Hours, de Stephen Daldry
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avec Nicole Kidman, Julianne Moore, Meryl Streep, Ed Harris…
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19 mars 2003
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Il y a quelque chose de terrifiant, à regarder la vie…
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C’est terrible de se dire qu’on ne peut vivre le Bonheur qu’une fois dans son existence, une seule… fugace… fugitive… et éphémère petite fois.
Une fois celle-ci passée, tu te dis que ce n’était que les prémisses du bonheur, que tu pourras revivre de pareils moments, si ce n’est de meilleurs… mais non : tu ne te sens vivre, heureux et entier qu’une seule fois
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Cette idée, intrinsèquement liée au concept du suicide, comme poésie de la délivrance. On parlait de la même chose dans le film Parfum d’Absinthe
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Ici, c’est à travers le portrait de trois femmes, magistralement porté par trois actrices de talent, que l’on goûte à la saveur acre mais néanmoins ensorcelante du désespoir. Trois portraits, trois époques, un lien : un roman, dans lequel l’auteur a déversé toute son essence. L’auteur, c’est Virginia Woolf, qui écrit dans les années 1920 Mrs Dalloway, l’histoire d’une journée ordinaire d’une femme ordinaire. Celle-ci vit sa vie mécaniquement, comme tous les jours, et parade comme si tout allait bien. Mais ce n’est pas le cas. Derrière son sourire bienveillant se cache un mal-être que tout un roman ne saurait expliquer… Une vraie desperate housewife avant l’heure, si je peux me permettre la comparaison. Ce roman accompagnera le quotidien aussi morne et lisse, parfait, de Laura, une jeune mère de la banlieue de Los Angeles, 30 ans plus tard. À New York, de nos jours, Clarissa est l’incarnation physique de Mrs Dalloway, qui voue sa vie à un ami poète, sur le point de mourir…
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The Hours est construit dans un enchevêtrement de ces moments de leurs vies, moments typiques d’un quotidien terriblement fade, mais poétiquement essentiel.
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Si Virginia sombre peu à peu dans la folie, c’est à cause de sa conscience… En tant qu’être humain qui regarde la vie non pas comme des événements passés et à venir, mais comme un tout qui dépasse l’entendement, elle reste fascinée, horriblement attirée par le vide. Mais résumer le personnage à cela serait le déshonorer. Cela dit, je crois bien être incapable d’expliquer la force et la profondeur de cette passion, de cet absolu qui le compose…
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Il en est de même pour Laura. Elle-même est consciente de sa condition, et c’est bien là son ultime malheur. Une existence proprette, prenant son rôle de mère au foyer très au sérieux, elle a du temps pour penser… Quelle affreuse idée ! Elle se rend compte qu’elle n’est pas heureuse, même si on aurait pensé qu’elle a tout pour l’être : une belle maison, un mari aimant, un fils adorable… Mais son bonheur ne réside pas dans ces éléments, elle le cherche, elle le cherche, mais la raison populaire lui souffle qu’elle n’a pas le droit de se plaindre, et pourtant, si elle reste là, elle étouffera, elle mourra
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Clarissa quant à elle, se donne corps et âme à un homme qu’elle aime, d’un amour pur et Romantique. Il est poète, et a réfléchit sur le sens de la vie. De sa vie qu’il a bien failli perdre quand il a apprit qu’il avait le sida. Ce soir, elle va organiser une réception pour fêter le prix qu’il vient de recevoir… Mais cette soirée n’est peut-être pas pour celui qu’on croit…
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Que de tourments intérieurs pour un simple être humain, tout trimbalés qu’ils sont dans le tourbillon de leurs démons !
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The Hours, ce sont des portraits tellement grands qu’on pourrait disserter dessus pendant des pages et des pages ;
The Hours, c’est une réflexion sur la vie, son sens, sa fin, sur le bonheur et le désespoir qui ne s’expliquent pas, sur ces états-d’âme qui te tourmentent sans raison, sur la solitude et les choix.
The Hours, c’est un film poétique sur la quête de l’Amour et du Bonheur, et ça en devient un hymne à la vie, magistralement orchestré et porté.
C’est aussi un des plus beaux films que j’ai eu à voir.

« Un personnage meurt pour que les autres apprécient mieux la vie… »

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Maintenant, je m’en vais lire Mrs Dalloway

4 commentaires:

Le Royaume d'Ashenah a dit…

magnifique partage d'émotions liées à ce chef-d'oeuvre du 7ème art! en effet de grandes actrices, totalement imprégnées de leurs rôles. Un grand film.

BBrune a dit…

en fait je me suis ennuyée la première fois, mais les actrices m'ont données envie de le revoir, et c'est vrai qu'il est puissant comme film.
super ton article.

PetitChap a dit…

Rhâaaa !! J'ai lu ce bouquin, mais je ne m'en souviens plus bien, ce qui a tendance à m'agacer horriblement, là, tout à coup.

Je me souviens quand même d'un bouquin "ardu", dense. Je me souviens m'être fait la réflexion que je passais très certainement à côté de certaines subtilités parce que justement je n'avais pas lu Mrs Dalloway... et j'ai d'ailleurs essayé de le lire en suivant, mais j'ai pas réussi.

Je crois que je vais retenter tout ça, en commençant par la lecture de Mrs Dalloway, du coup. ;)

Tu l'as lu, toi ?

Elbereth a dit…

>>> Chère Homonyme, on reconnait bien là la sagesse de ta personne.^^

>>> BBrune, il est vrai qu'il paraitre lent, mais tout est dans le dialogue, évanescent, alors il suffit de se laisser porter...

>>> Princesse, je l'ai bientôt terminé le bouquin... Il est ardu, en effet, mais... il a un charme... A suivre !