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Les films...
Qu'ils nous permettent de nous évader, qu'ils nous fassent rêver, rire, pleurer ou qu'ils nous irritent au plus haut point, ils sont l'émotion à l'état pur...
Alors Moa, je veux en parler, partager et avoir ton avis, Ô Hôte Curieux !

Quant à la lecture, plaisir solitaire, je découvre peu à peu que chacun recherche quelque chose de différent en ouvrant un livre... Quoi ? Telle est la question...
Je ferai ici un compte-rendu absolument pas objectif des livres qui se sont soumis à ma pupille...

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2 déc. 2010

Vita Aliorum

Science-Fiction
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Chroniques martiennes
de Ray Bradbury
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Folio SF
318 pages
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2002
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*****
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Et si on n'était pas seuls dans l'univers ? Une question guère nouvelle, qu'on s'est tous surpris à se poser alors que les étoiles gravitent brillamment haut dans le ciel. Une question qui est juste apparue à certains, une question qui a eu pour effet une divagation enthousiaste pour d'autres, une question qui a donné lieu à un récit pour d'autres encore... Mars étant, scientifiquement parlant (oulà, qu'est-ce qui m'arrive moa, de parler science ?), la planète la plus proche de la Terre susceptible d'avoir accueilli une présence vivante, et il n'en faut pas davantage pour amener les imaginations fertiles vers des horizons de voyages spatio-temporels... pour notre plus grand plaisir !
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Et puis, Bradbury n'est pas vraiment un p'tit nouveau dans la matière, alors je ne me mouille pas trop pour la présentation du sujet. Cela dit, je débute en ce qui concerne les expéditions martiennes : d'habitude, je suis plus trempée dans les farfadets et les guerres héroïques, que veux-tu, on ne puis tout connaitre, Ô Adoré.
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Mais je m'égare.
Le point de départ de ces Chroniques est le voyage sur Mars. Les terriens l'ont toujours convoitée, il est logique qu'un jour, des hommes fouleront sa terre... Qu'y trouveront-ils alors ?
Ray Bradbury se l'est imaginé, et a construit toute une série de récits mettant en scène la progression et l'acharnement d'une colonisation certaine. Des situations tantôt absurdes, drôles, tantôt terriblement tristes et injustes, tantôt prévisibles, mélancoliques...
Des nouvelles oscillant entre le fantastique et la SF, il est clair que ce cher Brad est un touche à tout qui le fait avec doigté, alors pourquoi se priver ?
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Une vision d'un futur où tout est possible, où vie est synonyme de destruction, où raison garder il faut savoir, mais que vient faire la raison là où le pouvoir entre en jeu ?
Une vision du futur qui ne peut que nous toucher, parce que malgré tout, ces personnages sont humains, et par certains côtés, te ressemblent, oui toa, Curieux Hôte.
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Voilà un petit extrait qui m'a particulièrement plu :
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« - On dirait que vous croyez aux esprits.
- Je crois à ce qui a été accompli, et bien des choses l'ont été sur Mars, les preuves sont là. Il y a des rues et des maisons, il y a des livres, j'imagine, des grands canaux, des horloges et des endroits pour abriter sinon des chevaux, du moins des animaux domestiques quelconques, à douze pattes si ça se trouve, qui sait ? Où que je tourne les yeux, je vois des choses qui ont servi. Qui ont été touchées et maniées pendant des siècles.
Demandez moi donc si je crois à l'esprit des choses dans la mesure où elles ont servi, et je répondrai oui. Elles sont toutes là. Toutes les choses qui avaient une fonction. Toutes les montagnes qui avaient un nom. Et nous ne pourrons jamais nous en servir sans éprouver un sentiment de gêne. Et d'une façon ou d'une autre, les montagnes ne sonneront jamais juste à nos oreilles ; nous leur donnerons de nouveaux noms, mais les anciens noms sont là, quelque part dans le temps et ces montagnes ont été modelées et contemplées sous ces noms-là. Les noms que nous donnerons aux canaux, aux montagnes, aux cités glisseront dessus comme l'eau sur les plumes d'un canard. Peu importe la façon dont y toucherons, nous ne toucherons jamais Mars. »
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Et puis, c'est toujours intéressant de voir comment le futur était perçu il y a de ça une cinquantaine d'années seulement...
Les Chroniques Martiennes, ou l'onirisme flattant la mélancolie... Ailleurs...
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Jubilatoire.

6 commentaires:

Salyndrôme a dit…

Les premières nouvelles sont en effet très drôles...
Par la suite le récit se fait tantôt grave tantôt plus léger (comme la maison Usher j'adore ce passage)!

Mais la vraie nature de l'Homme est une nouvelle fois pointée du doigt! On peut d'ailleurs noté une ressemblance avec 1984 (roman de la même époque) dans le contrôle de l'art et de la culture: dans le futur toute composition trop imaginative est interdite adieu conte et roman fantastique... "Seul reste un énième adaptation d'Hemingway!" Une piste à creuser pour notre avenir? Je pense que oui quand on voit la pauvreté affligeante des dernières productions cinématographiques et musicales!

En conclusion je terminerais par une citation qui résume tout: "comment ça? de la vie sur Terre? c'est impossible il y a beaucoup trop d'oxygène dans l'air!"
Où lorsque la science n'est qu'une question de point de vue!

BitChyGoLd a dit…

on m'a fait lire ça en cours! en fait j'avais trop pas du tout accrochée, mais en le relisant, j'ai découvert un auteur old school trop classe!

Aby a dit…

C'est un bien joli passage que voila, qui touche a la racine des choses, le nom qu'on leur donne. Parce que de nos jours, nombre de nos compatriotes terriens ont tendance a oublier ce pouvoir des mots, et n'en utilisent que de vides ou creux...

Quant a mes fautes d'orthographes, elles sont dues a un clavier qwerty. :P

PetitChap a dit…

J'essaierai de le lire, mais plus tard... la SF n'étant pas vraiment ma came, je trouve que j'en ai un peu trop lu ces derniers temps...! ;)

VaLenTiNe a dit…

les chroniques martiennes, c'est bien!

Muad Dib a dit…

ah les chroniques martiennes! un bouquin bien installé au panthéon de mon imaginaire...par contre je ne pense pas que ça reflète les visions d'une époque, plutôt l'expression (et la dénonciation) d'un certain ethnocentrisme.
Dans tous les cas c'est un grand livre.