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Pièce Sombre :

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Salle des Archives :

Les films...
Qu'ils nous permettent de nous évader, qu'ils nous fassent rêver, rire, pleurer ou qu'ils nous irritent au plus haut point, ils sont l'émotion à l'état pur...
Alors Moa, je veux en parler, partager et avoir ton avis, Ô Hôte Curieux !

Quant à la lecture, plaisir solitaire, je découvre peu à peu que chacun recherche quelque chose de différent en ouvrant un livre... Quoi ? Telle est la question...
Je ferai ici un compte-rendu absolument pas objectif des livres qui se sont soumis à ma pupille...

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30 avr. 2011

Adèle

Des fois, j'oublie que tu attends avec impatience chaque chanson que je vais te proposer... Héhé, que je suis nouille alors !
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Adèle ~ Rolling in the deep
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Ma chanson du moment, avec une question existentielle ! Ça faisait longtemps, je suis certaine que, en tant qu'Hôte Légendaire, tu te demandais quand que c'est que je reviendrai avec des questions existentielles. Ce jour est arrivé !
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Le danseur, c'est un danseur ou une danseuse ?
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Tiens, ça me rappelle un épisode de Bones...

23 avr. 2011

Tic Tac Boom

La Mécanique du coeur
de Mathias Malzieu
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Flammarion
177 pages
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2007
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Ce titre, il a eu à peu près le même effet sur ma chaste et magnifique personne que Dorian Gray.  Si si ! Tu ne le trouves pas grandiose et fabuleux, Ô Toa, Hôte de goût ? La Mécanique du Cœur ... Ça sonne tellement bien !
Et puis, si tu suis un minimum ce que je dis depuis toutes ces années alors que nous nous tenons compagnie en ces lieux sombres et incertains, tu devrais savoir que je voue un culte fantasmique à la voix de ce cher Mathias, alias le chanteur de Dionysos ! Il n'est pas le seul à pouvoir se targuer de ce titre, certes, mais il est un des rares élus. Voilà.
Ensuite, il suffit d'entendre l'album musical éponyme pour se rendre compte de l'univers dressé alors, tout d'un sombre gothique, d'une harmonieuse mélancolie poétique. Celui de Jack, né le jour le plus froid du monde, qui se retrouve harnaché d'une horloge à la place de son petit cœur qui a gelé avant qu'il puisse vivre sa vie de nourrisson. L'infirmière, à moitié sage-femme, à moitié sorcière, qui l'a opéré le recueille alors, et le met en garde contre les affres de l'Amour... 
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Premièrement, ne touche pas à tes aiguilles. 
Deuxièmement, maitrise ta colère.
Troisièmement, ne te laisse jamais, au grand jamais, tomber amoureux.
Car alors pour toujours à l'horloge de ton cœur la grande aiguille des heures transpercera ta peau, tes os imploseront, et la mécanique du cœur sera brisée de nouveau.
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Point guère n'en faut davantage pour éveiller ma curiosité.
J'ouvre donc avec une infinie et douce délicatesse le livre et tourne les pages... Bref, je te passe les détails, sinon on va y passer la journée !
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Voilà, c'est fou la capacité qu'ont ces gens portés aux nues à nous faire vivre des ascenseurs émotionnels ! Il y aurait du y avoir tellement de noirceur, de poésie, d'un je-ne-sais-quoi de mi-glauque mi-romantique qui nous aurait fait partir vers un monde lointain si proche du rêve chimérique que ça en aurait été tout simplement génial. 
Mais le style d'écriture que j'attendais n'étais point au rendez-vous, à mon plus grand désarroi. Et vl'à ti pas qu'il nous parle de coupe du monde de foot alors qu'on est censé être au XIXè siècle ( n'est-ce pas, Princesse ?! ), qu'il nous balance au visage des expressions si horriblement châtiées que mes chastes oreilles se sont vues rhabillées pour l'hiver et le printemps ! Non, en fait, elles n'étaient pas si horribles que ça, mais un tel language m'a paru déplacé, j'ai le droit non ?!
Alors là j'ai dis non : "NON" ! Non pas que tout ceci m'ait gâché ma lecture, ce conte reste fort plaisant, mais ça m'a bien vite ramené sur terre, alors qu'au contraire, je pensais toucher les étoiles...

12 avr. 2011

Sucker Punch

Sucker Punch, de Zack Snyder
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avec Emily Browning, Abbie Cornish, Jena Malone...
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30 mars 2011
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Pour celui-ci, je pense que je vais faire rapide. Avec Black Swan, il faisait partie des rares films de l'année que la bande annonce faisaient sortir du lot.
Un univers soigné, un esthétisme certain, des jolies filles, Sucker Punch ne semblait rien promettre d'autre, si ce n'est une histoire ahurissante, tirée par les cheveux parce qu'on risquait de ne rien y comprendre : pour "s'évader" de l'asile de fous où la jeune Babydoll a été enfermée, il va lui falloir gagner les quêtes qui se trouvent dans son imagination !
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Oui oui oui...
On se retrouve finalement avec des effets spéciaux, certes, un univers soigné, certes, des jolies filles aux faux cils vachement bien mis, certes, mais guère davantage. Heureusement, j'avais une place de ciné gratuite !
Je ne m'attendais point à être transcendée par ledit film, mais de là à assister à un remix de scènes de jeux vidéos (pas besoin de s'y connaitre pour le remarquer) où la pauvre petite blonde sans défense doit combattre des golem de pierre armés de canon à propulsion nucléaire à l'aide d'un sabre et d'un pistolet, ça, je ne m'y attendais pas. Et puis surtout quand la première scène de combat (celle-là même que je viens de te décrire, Ô Adoré) se retrouve clonée dans une situation nouvelle, mais nous ne sommes pas dupes !, cela commence à faire long...
Vraiment long.
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Il n'y a cependant un bon point que je tiens à défendre pour ce film : l'esthétisme. Oui j'y tiens. Visuellement, c'est très beau ; beaucoup de passages peuvent être arrêtés sur image pour en faire une affiche de film. Aussi soigné que 300. Mais avec des filles armées jusqu'aux dents.
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Alors voilà ma théorie : le petit Zach, bien décidé à se faire un nom pour sa manière de mettre en scène l'action, un soir de beuverie, s'est dit : "tiens, si je faisais un film avec ce jeu vidéo qui pétarade dans tous les sens que j'ai beaucoup aimé dézinguer les zombies avec mes potes ?! Et si j'y ajoutais des dragons méchants ? Et pis des avions, des nazis à moitié morts à moitié vivants, un vieux ( c'est mystique, les vieux ), et pis des filles à la jupette courte et fendue, ça va être bien !!!"
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En fait, je pense que ce film est un pari.
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Ma framboise a finalement peut-être raison, je cite : "Ce qu'il y a de bien dans ce film, c'est la bande annonce de Rio."
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24 mars 2011

Température élevée

Roman SF
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Farenheit 451
de Ray Bradbury
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Folio SF
213 pages
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2000
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*****
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Après les Chroniques Martiennes où j’avais quand même vachement accroché, je m’étais dit que Bradbury devait être un écrivain qui n’avait plus rien à prouver. Alors je me jetai dans un autre de ses classiques, tout paré de sa renommée grandiose, celui qui parle de FEUUU, de livres et de conditionnement humain. La classe !
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On suit le parcours de Montag, un pompier du futur (du futur par rapport à nous ; parce que j’avais z’oublié de dire que l’histoire se situe à quelques années de nous, mais est-ce nécessaire de le préciser ? Cela dit, l’appellation « pompier du futur » est importante puisque les pompiers ont alors légèrement changé de métier, puisqu’ils n’éteignent plus les feux, mais les allument, un petit détail qui sera soulevé quelque part dans ces pages…), donc de Montag, je disais, qui, un soir où il rentrait tranquillement chez lui, une jeune fille l’aborda. Un peu foldingue elle apparait, à causer à n’importe quel passant alors que ce n’est guère dans l’habitude des gens d’en aborder d’autres pour parler de tout et de rien. Mal vu. Peut-être même puni par la loi. Mais elle l’aborde tout de même, lui parle de la vie, des fleurs qui éclosent en été, le questionne sur le bonheur et le sens de sa vie, lui ouvre les yeux sur les nouvelles habitudes des gens à ne se soucier que d’eux, de la vitesse, de leurs nouveaux délires de jouer avec la mort, de ces pubs qui désormais sont longues de plusieurs mètres puisque plus personne [ ou presque ] ne prend le temps de flâner pour regarder un nuage ou une herbe danser au rythme du vent, de la toute puissance des médias et j’en passe…
On est loin de Mrs Dalloway.
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« Le téléviseurs est réel. Il est là, il a de la dimension. Il vous dit quoi penser, vous le hurle à la figure. Il doit avoir raison tant il parait avoir raison. Il vous précipite si vite vers ses propres conclusions que votre esprit n’a pas le temps de se récrier « Quelle idiotie ! ». » [p116-117]
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De là, Montag va remettre en question, sa vie d’abord, puis son métier, qui consiste à brûler tout ce qui peut potentiellement précipiter l’esprit humain vers une débilité irréversible ; tout ce qui peut favoriser l’apparition de réflexions contradictoires, de pensées subversives. Je te le donne en mille, Ô Audacieux Hôte : les livres.
Là-dessus, Bradbury n’y va pas de main morte : la télé est vivement opposée au divin papier.
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Là, c’est le chef de Montag qui parle :
« L’important pour vous, Montag, c’est de vous souvenir que nous sommes les Garants du Bonheur, les Divins Duettistes, vous, moi, et les autres. Nous faisons front contre la petite frange de ceux qui veulent affliger les gens avec leurs théories et leurs idées contradictoires. Nous avons les doigts collés à la digue. Tenons bon. Ne laissons pas le torrent de la mélancolie et de la philosophie débilitante noyer notre monde. Nous dépendons de vous. Je ne crois pas que vous vous rendiez compte de ‘votre’ importance pour la préservation du bonheur qui règne en notre monde. » [p 90-91]
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Mais la remise en cause n’est pas chose aisée en cette société…
Là où j’ai bien apprécié la forme, c’est que cette société castratrice n’est pas exempte de « parias », de bibliophiles et de philosophes, elle ne les traque pas jour et nuit pour tous les exterminer jusqu’au dernier. Elle brûle ‘simplement’ les maisons qui contiennent des livres, elle ne veut pas condamner au bûcher tous ceux qui s’élèvent au dessus de la loi. Ainsi, des petits groupes d’excentriques existent par ci par là, et ce détail n’est pas négligeable. Pour moi, il change considérablement la donne en ce sens que nous sommes en présence d’un monde qui peut encore changer.
« Ah oui, vraiment ? » me souffle mon petit canard de céloantropophane…
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Pas mal du tout comme bouquin.
Un classique, mais peut-être pas assez trangico-mélancolique pour moa. Enfin, je ne sais pas…

Passent les Heures

Roman "classique"
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Les Heures
de Michael Cunningham
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Pocket Poche (oui, je lis beaucoup en poche…) (même si l’image est du Belfond, que de contradictions !)
224 pages
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2001
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Il m’est difficile d’entamer ce roman sans avoir en tête la représentation de la Grande Toile, que veux-tu, l’un découle de l’autre en ce qui me concerne, et l’autre découle de l’un en ce qui les concerne.
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On y suit toujours ces trois destins croisés, passant d’une époque à l’autre, d’une vie de femme à une autre, d’un désespoir à une vie terriblement écrite par d’autres…
Il y a Virginia Woolf, l’écrivain, hantée par la fin de la vie ; il y a Laura Brown, la gentille mère de famille des années 50, hantée par la vie qu’elle aurait aimé avoir et qu’elle n’aura jamais le courage de saisir ; il y a Clarissa Dalloway, ou plutôt son incarnation moderne, celle qui « organise des réceptions ».
La mort, omniprésente, pourrait être la quatrième héroïne, dans un livre plein de réflexions sur le monde, sur le courage qu’il faut pour entrer dans la vie…
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« Oui, pense Clarissa, il est temps que le jour prenne fin. Nous donnons nos réceptions : nous abandonnons nos familles pour vivre seul au Canada ; nous nous escrimons à écrire des livres qui ne changent pas la face du monde, malgré nos dons et nos efforts obstinés, nos espoirs les plus extravagants. Nous menons nos vies, nous nous faisons ce que nous avons à faire, et puis nous dormons – c’est aussi simple et banal que cela. Certains se jettent par la fenêtre ou se noient ou avalent des pilules ; plus nombreux sont ceux qui meurent par accident ; et la plupart d’entre nous, la vaste majorité, est lentement dévorée par une maladie ou, avec beaucoup de chance, par le temps seul. Mais il y a ceci pour nous consoler : une heure ici ou là pendant laquelle notre vie, contre toute attente, s’épanouit et nous offre tout ce dont nous avons jamais rêvé, même si nous savons tous, à l’exception des enfants (et peut-être eux aussi) que ces heures seront inévitablement suivies d’autres, ô combien plus sombres et plus ardues. Pourtant, nous chérissons la ville, le matin ; nous voudrions, plus que tout, en avoir davantage.
Le ciel seul sait pourquoi nous l’aimons autant. »
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Je crois que j’ai déjà tout dit sur cette histoire, que ce soit ici ou là… Ce qui est ennuyeux, parce que maintenant, je sèche…
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Juste je pourrais dire que l’un étant la représentation parfaite de l’autre, j’avais plus en tête le film qu’autre chose… Pour une fois, je n’aurais peut-être pas du, mais bon, tant pis hein !